Municipales : Bergé demande au RN de retirer des candidats… la stratégie fait débat…
À quelques semaines des élections municipales, une déclaration d’Aurore Bergé a ravivé les tensions au sein du paysage politique français.

En appelant le Rassemblement national à retirer certains candidats pour empêcher des victoires de La France insoumise, la ministre a déclenché une vive controverse et relancé le débat sur les alliances et les lignes rouges.
Invitée le 23 février sur BFMTV, Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a surpris par la fermeté de son propos. À l’approche des municipales prévues les 15 et 22 mars, elle a publiquement exhorté Jordan Bardella à retirer des candidatures du Rassemblement national dans les villes où La France insoumise serait en position de l’emporter.
La ministre a conditionné cet appel à la cohérence du “cordon sanitaire” évoqué par le président du RN, estimant qu’un tel principe devait s’appliquer concrètement dans les configurations locales défavorables à son parti. Autrement dit, si le RN prétend vouloir isoler LFI, il devrait, selon elle, agir en conséquence dès le premier tour.
Le “cordon sanitaire” au cœur de la stratégie

Quelques jours auparavant, Jordan Bardella avait plaidé pour la constitution d’un “cordon sanitaire” visant à isoler La France insoumise sur l’échiquier politique. Cette prise de position intervenait dans un contexte tendu, à la suite de la mort d’un militant nationaliste à Lyon, événement qui avait donné lieu à une conférence de presse du président du RN.
En reprenant cette formule, Aurore Bergé a cherché à placer son interlocuteur face à ses propres déclarations, en suggérant que le retrait de candidats RN dans certaines communes serait la traduction la plus cohérente de cette ligne. La manœuvre, immédiatement perçue comme audacieuse, a suscité un tollé à gauche.
“Ni RN, ni LFI”: une ligne maintenue
Pour justifier sa position, la ministre a rappelé que le Parti socialiste et La France insoumise envisageaient, au cas par cas, des alliances locales afin de contrer le RN dans certaines municipalités. Face à cette stratégie, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme des dérives idéologiques de LFI, évoquant “la brutalisation du débat” ou encore des accusations d’antisémitisme.
Malgré la polémique, Aurore Bergé a tenu à réaffirmer sa doctrine : “ni RN, ni LFI. Jamais.” Elle insiste sur le fait que son appel ne constitue pas une alliance, mais un défi lancé au RN pour qu’il mette en pratique ses propres déclarations contre les insoumis.
Tollé immédiat chez les insoumis

La réaction de La France insoumise ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, a dénoncé une proposition assimilée à un accord de désistement avec l’extrême droite. Plusieurs élus ont évoqué une dérive politique grave.
Le député Louis Boyard a fustigé ce qu’il considère comme une demande d’accord électoral avec le RN, tandis que Marie Mesmeur, candidate à Rennes, a parlé d’un “macrono-lepénisme à son paroxysme”. Les accusations d’alliance implicite avec l’extrême droite ont rapidement dominé le débat médiatique.
Une polémique révélatrice des fractures politiques
Au-delà des invectives, cet épisode illustre la recomposition permanente des stratégies électorales à l’approche des municipales. Les alliances locales, souvent pragmatiques, brouillent les frontières idéologiques traditionnelles. La déclaration d’Aurore Bergé met en lumière la difficulté de maintenir des lignes rouges claires dans un paysage politique fragmenté.
En défiant publiquement le RN tout en critiquant LFI, la ministre a pris le risque d’être accusée de jouer sur deux tableaux. Ses opposants y voient une confusion stratégique ; ses soutiens défendent une volonté de cohérence face aux alliances à gauche.
Une séquence à fort impact médiatique
Dans un contexte où chaque déclaration est amplifiée par les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu, la sortie d’Aurore Bergé a rapidement dépassé le cadre d’un simple débat télévisé. L’expression “macrono-lepénisme” s’est imposée dans les commentaires, symbole d’une polarisation extrême du débat public.






