« Je ne suis pas avec Jordan Bardella » : la mise au point ferme de Léa Salamé devant les députés
Convoquée devant les députés pour évoquer l’indépendance de l’audiovisuel public, la présentatrice du 20h de France 2 ne s’attendait sans doute pas à voir sa vie privée occuper une place centrale dans les échanges.

Pourtant, l’audition a rapidement dépassé le cadre strict de l’exercice journalistique. L’audition de Léa Salamé s’inscrivait dans les travaux de la commission d’enquête sur le fonctionnement et l’indépendance de l’audiovisuel public. Diffusée en direct sur LCP, la séance devait permettre d’examiner les garanties de neutralité et de pluralisme offertes par le service public.
Très vite, cependant, les questions ont quitté le terrain institutionnel pour s’orienter vers la sphère personnelle. La relation de la journaliste avec Raphaël Glucksmann a été évoquée, certains députés soulevant l’hypothèse d’un éventuel conflit d’intérêts. Le débat a alors pris une dimension sensible, mêlant éthique professionnelle et vie privée.
Une réponse directe face aux insinuations
Lors d’un échange avec la députée Caroline Parmentier, une hypothèse a été formulée autour d’une supposée proximité avec Jordan Bardella. Léa Salamé a immédiatement mis fin à toute ambiguïté : « Je ne suis pas avec Jordan Bardella. »
Par cette phrase simple, elle a souhaité dénoncer un raisonnement qu’elle juge contestable. Assimiler l’indépendance d’une journaliste aux engagements politiques de son compagnon reviendrait, selon elle, à remettre en cause sa capacité à exercer son métier avec rigueur.
Une réflexion plus large sur la place des femmes

Au-delà de sa situation personnelle, la présentatrice a élargi la discussion. Elle a défendu l’idée qu’une femme journaliste doit pouvoir continuer à travailler sans être réduite aux choix ou à l’engagement de son conjoint, tant que les règles professionnelles sont respectées.
Elle a souligné qu’en cas de candidature majeure de son compagnon, elle prendrait les dispositions nécessaires. Mais en dehors de ce contexte précis, elle estime que son indépendance ne saurait être mise en doute par principe. Cette position renvoie à une question plus vaste : celle de l’autonomie intellectuelle des femmes dans l’espace public.
Le soutien du président de la commission
Le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, a appuyé cette analyse. Il a rappelé que l’indépendance d’une femme ne saurait être subordonnée à celle de son conjoint, insistant sur les avancées obtenues en matière d’égalité.
Son intervention a contribué à replacer le débat sur un terrain de principe : la reconnaissance pleine et entière de la liberté professionnelle des femmes, indépendamment de leur situation personnelle.
Une ligne de conduite clairement assumée
Interrogée sur l’hypothèse d’une candidature présidentielle de Raphaël Glucksmann, Léa Salamé a été catégorique : elle se retirerait immédiatement de l’antenne. Elle a rappelé l’avoir déjà fait en 2019 et en 2024 lors de précédentes campagnes européennes.
Pour elle, la règle est simple : tant qu’aucune campagne nationale engageant directement son compagnon n’est en cours, elle considère pouvoir exercer son métier sans ambiguïté. En cas d’enjeu électoral majeur, elle choisit le retrait afin de préserver la crédibilité du service public.

Une conception exigeante de l’éthique
Léa Salamé a insisté sur le fait qu’elle n’avait pas attendu cette audition pour fixer ses propres garde-fous. Elle affirme appliquer des principes stricts afin de protéger la confiance du public.
En précisant qu’elle agirait de la même manière quelle que soit l’appartenance politique de son conjoint, elle a cherché à démontrer que ses décisions reposent sur des critères constants. L’indépendance, selon elle, se mesure aux actes et aux règles que l’on s’impose, non aux soupçons extérieurs.
Une séquence révélatrice des tensions actuelles
Au-delà du cas personnel de la journaliste, cette audition illustre les interrogations persistantes autour de la neutralité des médias publics dans un contexte politique marqué par une forte polarisation.
L’échange restera sans doute comme un moment marquant des travaux parlementaires. En répondant sans détour, la présentatrice du 20h de France 2 a cherché à clarifier sa position et à rappeler une distinction essentielle : la vie privée ne saurait, à elle seule, définir la qualité d’un travail journalistique.






