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Expulsés de leur logement social juste avant la trêve hivernale, Marie et Philippe ont dû dormir dans une Peugeot malgré le froid hivernal

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La trêve hivernale est censée constituer un rempart contre la précarité la plus brutale. Pourtant, à quelques jours de son entrée en vigueur, certaines expulsions continuent de frapper des ménages déjà fragilisés.

À Saint-Claude, dans le Jura, le parcours de Marie et Philippe illustre crûment les limites d’un dispositif pourtant pensé pour protéger les plus vulnérables. En France, la trêve hivernale interdit les expulsions locatives et les coupures d’énergie entre le 1ᵉʳ novembre et le 31 mars. Ce dispositif vise à empêcher que des familles se retrouvent sans abri en plein hiver, une période particulièrement dangereuse pour les personnes en situation de précarité. Mais cette protection repose sur un calendrier strict : avant le 1ᵉʳ novembre, la loi autorise encore les expulsions, même lorsque la situation sociale des occupants est fragile.

Une expulsion quelques jours avant la trêve

C’est précisément ce qu’ont vécu Marie et Philippe, le 23 octobre dernier, à Saint-Claude, dans leur appartement situé avenue de la Gare. Escortés par des gendarmes, ils ont été contraints de quitter leur logement social, se retrouvant sur le palier avec pour seuls effets personnels deux sacs, un vélo et une cage contenant leur chat. Une scène rapportée par Le Progrès, qui a suscité une vive émotion locale.

Le profil inattendu des expulsés

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Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le parcours de Marie. Âgée de moins de 40 ans, elle travaille en CDI dans une grande surface, un emploi qu’elle s’efforce de préserver malgré un dossier de surendettement et un passé résidentiel déjà marqué par des difficultés. Elle confie vouloir maintenir une apparence digne, malgré la situation, soulignant combien la stabilité professionnelle reste fragile lorsqu’elle n’est pas soutenue par une sécurité de logement.

Une procédure connue, mais mal comprise

L’expulsion n’est pas survenue sans avertissement. Marie et Philippe savaient qu’une procédure était engagée depuis plusieurs mois. Entre les échanges avec le CCAS et leur bailleur, La Maison pour tous, ils pensaient pourtant avoir trouvé un accord, reposant sur le paiement du loyer courant et d’une partie de la dette. Les virements ont bien été effectués, comme l’attestent des documents vérifiés par la presse, mais aucune confirmation écrite ne leur a été transmise.

Dormir dans une voiture pour survivre

Après l’expulsion, le couple a dû improviser une solution de fortune. Ils ont acheté une voiture hors d’usage afin de disposer d’un abri, dormant à l’intérieur durant plusieurs semaines. Pour l’hygiène, ils se rendaient à la Croix-Rouge, où des douches sont accessibles une fois par semaine. Une situation de survie quotidienne, indigne d’un pays doté de dispositifs sociaux développés.

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Un relogement tardif, mais salvateur

Après près d’un mois passé dans leur véhicule, une solution a finalement été trouvée grâce à Action Logement, rendue possible par le contrat de travail de Marie. Le couple vit désormais dans une chambre d’hôtel, un soulagement temporaire, mais qui reste précaire et éloigné d’un logement stable et durable.

Une réalité nationale alarmante

Le cas de Marie et Philippe s’inscrit dans un contexte bien plus large. Chaque nuit en France, entre 6 000 et 10 000 personnes dormiraient à la rue, un chiffre jugé largement sous-estimé par les associations. En 2024, environ 350 000 personnes étaient considérées comme sans domicile ou mal logées, parmi lesquelles près de 2 000 enfants. Une réalité sociale qui interroge l’efficacité des dispositifs existants.

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