«Énorme chanteuse malienne» : Richard Millet (CNews) dérape sur Aya Nakamura, Pascal Praud le recadre
Une phrase prononcée en direct, quelques secondes d’antenne, et l’emballement numérique s’enclenche.

Lundi matin, sur le plateau de « L’Heure des pros », un commentaire maladroit a transformé une discussion culturelle en polémique nationale. Entre recadrage en direct et excuses publiques, la séquence illustre la fragilité des mots à l’ère des réseaux.
L’émission animée par Pascal Praud sur CNews revenait sur la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, diffusée la veille sur France 2 et suivie par plus de 4,7 millions de téléspectateurs. Les images lyriques et la place accordée à l’opéra avaient été saluées à l’antenne. Le ton se voulait élogieux, presque admiratif.
Mais en comparant cette prestation à celle d’Aya Nakamura lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, l’écrivain Richard Millet a franchi une ligne. Une remarque portant sur le physique de la chanteuse a immédiatement suscité malaise et indignation autour de la table.
Un recadrage immédiat en plateau

La réaction ne s’est pas fait attendre. Présente sur le plateau, l’avocate Sarah Saldmann a rappelé sans détour que ce type de qualificatif était inapproprié. L’atmosphère s’est instantanément tendue, révélant la gravité des propos tenus en direct.
Pascal Praud a lui-même pris la parole pour tenter de contenir la situation. Il a souligné la nécessité de modérer les échanges, rappelant que l’on ne pouvait pas qualifier une artiste de cette manière. L’animateur a alors indiqué retirer les propos jugés déplacés, cherchant à désamorcer l’emballement naissant.
La responsabilité de l’animateur en question
Après le journal de 10 heures, Pascal Praud est revenu sur l’incident avec plus de solennité. Face à son chroniqueur, il a insisté sur l’amitié et l’estime intellectuelle qu’il lui porte, tout en soulignant la responsabilité qui incombe à celui qui anime. « Après, c’est moi qui suis responsable », a-t-il rappelé, conscient de l’exposition médiatique de la chaîne.
Il a également évoqué le contexte particulier dans lequel évolue CNews, souvent critiquée et scrutée. D’où, selon lui, une vigilance accrue quant aux propos tenus à l’antenne. L’animateur a demandé explicitement à Richard Millet de présenter des excuses à la chanteuse, estimant que c’était la seule issue pour clore l’incident.
Des excuses sous tension

Pris à partie, Richard Millet a d’abord réagi avec irritation, suggérant qu’il pourrait quitter le plateau. Mais Pascal Praud a insisté : il ne souhaitait pas son départ, seulement un geste de reconnaissance de l’erreur. L’enjeu était autant moral que médiatique.
Finalement, le septuagénaire a présenté ses excuses, invoquant sa formation à « l’école de l’honnête homme » et citant Boileau pour justifier son franc-parler. Il a admis une tendance à se laisser emporter à l’oral, reconnaissant implicitement le dérapage. Son confrère Éric Naulleau a tenu à préciser que l’écrivain avait également exprimé des regrets hors antenne. La vidéo circule désormais massivement sur les réseaux sociaux, alimentant débats et commentaires. En quelques minutes, une phrase isolée est devenue un symbole des tensions culturelles et médiatiques contemporaines.





