Roselyne Bachelot dénonce les « sous-entendus discutables » de Charles Alloncle durant la commission d’enquête sur le service public
Invitée d’une émission consacrée à l’actualité des médias, Roselyne Bachelot a livré une analyse franche et argumentée de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.

Forte de son expérience ministérielle et parlementaire, elle a défendu avec vigueur ce qu’elle considère comme un pilier essentiel de l’équilibre démocratique. Ancienne ministre de la Culture, animatrice et chroniqueuse, toujours sociétaire des « Grosses Têtes » sur RTL, Roselyne Bachelot connaît intimement les rouages du paysage médiatique. Sa présence dans le troisième numéro de « Puremédias, l’hebdo », présenté par Virginie Guilhaume sur T18, n’avait rien d’anodin. Son parcours transversal entre politique et médias lui confère une légitimité rare pour décrypter les débats en cours.
Aux côtés du journaliste Rémi Jacob, elle a été invitée à réagir à l’actualité, notamment à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale portant sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Un sujet qu’elle maîtrise d’autant mieux qu’elle a été auditionnée le 4 février dernier en sa qualité d’ancienne ministre.
Une audition sous le signe du débat
Interrogée sur le déroulement de son audition, Roselyne Bachelot a répondu avec son franc-parler habituel. Elle a expliqué que les échanges s’étaient déroulés de manière courtoise à son égard, tout en reconnaissant des divergences de fond avec certains membres de la commission. « Il est difficile d’être rugueux avec moi, parce que la rugosité revient », a-t-elle lancé avec humour, soulignant qu’elle n’hésite pas à défendre fermement ses positions.

Elle a toutefois exprimé son malaise face à certaines formulations entendues lors d’autres auditions. Elle a notamment évoqué des questions laissant place à des insinuations personnelles, qu’elle juge inappropriées dans un cadre institutionnel. Selon elle, « ce n’est pas convenable de faire des procès d’intention », une remarque qu’elle dit avoir formulée directement au moment des échanges.
Des critiques sur la méthode plus que sur le principe
Roselyne Bachelot n’a pas remis en cause l’utilité d’une commission d’enquête. Bien au contraire. Elle rappelle avoir participé à de nombreuses commissions, tant comme auditionnée que comme parlementaire chargée d’interroger. À ses yeux, l’outil parlementaire est précieux et participe au bon fonctionnement démocratique.
En revanche, elle estime que les travaux actuels manquent parfois de hauteur. Elle déplore « une sorte d’interrogatoire récurrent » où les mêmes questions reviendraient, accompagnées de sous-entendus qu’elle juge discutables. Plus largement, elle considère que la commission se concentre excessivement sur des aspects secondaires au détriment d’enjeux plus structurants.
Le véritable défi de l’audiovisuel public

Pour l’ancienne ministre, le débat devrait se situer ailleurs. Elle insiste sur la transformation profonde des usages et des modes de consommation de l’information. « Le monde de la communication vit un changement cataclysmique », rappelle-t-elle, s’interrogeant sur ce que sera la télévision dans une décennie. Selon elle, le paysage médiatique de demain ne ressemblera en rien à celui que l’on examine aujourd’hui.
Roselyne Bachelot défend avec constance l’audiovisuel public, qu’elle considère comme un pilier de l’équilibre démocratique. Lors de son audition, elle avait d’ailleurs affirmé que remettre en cause ce modèle reviendrait à fragiliser la principale source de financement de la création française. Elle insiste sur le rôle stratégique de ces médias dans le soutien à la culture et à la production nationale.
Une cible manquée ?
En conclusion, l’ancienne ministre résume sa position en une formule : la commission n’est pas inutile, mais elle passe, selon elle, à côté de l’essentiel. « Ce n’est pas une commission inutile, c’est une commission qui rate sa cible », affirme-t-elle sur le plateau.






