Pays basque : un mannequin à l’effigie de Jordan Bardella brûlé au carnaval d’Hasparren, une enquête ouverte
Une vidéo tournée lors d’un carnaval au Pays basque a déclenché une vive polémique. On y voit une poupée géante représentant un eurodéputé du Rassemblement national livrée aux flammes.

Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête pour déterminer si l’acte relève de la tradition ou d’une infraction. Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Elles montrent une effigie de grande taille, représentant un eurodéputé RN, incendiée au cours de festivités carnavalesques, dans une commune des Pyrénées-Atlantiques. La scène, partagée et commentée en ligne, a suscité l’indignation de plusieurs responsables du parti.
Face à l’ampleur des réactions, le parquet de Bayonne a annoncé, jeudi 12 février, l’ouverture d’une enquête. Celle-ci a été confiée à la gendarmerie de la compagnie de Bayonne, à la suite d’un signalement effectué par la préfecture.
Des réactions fermes au sein du RN

Au sein du Rassemblement national, les condamnations ont été immédiates. Plusieurs élus dénoncent une dérive politique et une instrumentalisation du carnaval à des fins militantes, évoquant une « tribune de haine » et une « mise en scène de violence politique ». Pour certains responsables, l’épisode constituerait une atteinte à la démocratie, d’autant plus marquante que le parti avait réalisé un score élevé dans la commune concernée lors des dernières élections européennes.
Ces déclarations traduisent la tension entourant un événement qui, au-delà du folklore local, touche à la représentation d’une personnalité politique nationale.
Une tradition carnavalesque ancrée dans la région

Dans de nombreuses communes du Pays basque, le carnaval s’inscrit dans une tradition ancienne. La figure de “San Pantzar”, souvent brûlée en fin de fête, symbolise la fin de l’hiver et le renouveau, dans un rituel mêlant satire, inversion des rôles et liberté d’expression. Ces mises en scène s’accompagnent fréquemment de caricatures ou de représentations exagérées de figures publiques.
Ce n’est pas la première fois qu’une effigie suscite la controverse. Par le passé, la représentation d’une personnalité religieuse lors d’un carnaval régional avait déjà provoqué un débat nourri sur les limites de la satire.
Des spécialistes des traditions populaires rappellent que le carnaval constitue historiquement un moment d’expression libre, où l’exagération et la provocation sont admises dans un cadre festif. La question posée désormais est de savoir si l’événement relève de cette tradition satirique ou s’il franchit le seuil de l’infraction pénale, notamment au regard des lois encadrant les atteintes aux personnes ou à l’ordre public.






