Municipales 2026 : pourquoi les Écologistes risquent de perdre la plupart de leurs villes
Six ans après la « vague verte » qui avait bouleversé la carte politique locale, l’heure est aux doutes pour les écologistes.

Coincés entre socialistes et insoumis, fragilisés par des sondages défavorables, ils pourraient voir s’effriter leurs bastions. À l’approche des municipales de 2026, l’enjeu dépasse désormais les seules mairies.
En 2020, les écologistes avaient surpris en remportant plusieurs grandes villes, dans le sillage de Grenoble conquise dès 2014. Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Poitiers ou encore Annecy étaient alors passées sous bannière verte, incarnant une nouvelle ère municipale. Cette percée avait installé durablement le parti dans le paysage politique local.
Aujourd’hui, la situation apparaît nettement plus fragile. À gauche, le duel entre socialistes et insoumis occupe l’espace médiatique et électoral, reléguant les écologistes au second plan. Le parti semble écrasé dans une recomposition politique qui ne lui laisse plus la même visibilité.
Lyon : un bastion menacé par Jean-Michel Aulas
À Lyon, le maire sortant Grégory Doucet est donné en grande difficulté. Selon une étude OpinionWay, il ne recueillerait que 25 % des intentions de vote, loin derrière Jean-Michel Aulas, crédité de 47 %.
Cette avance considérable du candidat issu du monde économique témoigne d’un possible basculement. Le symbole serait fort : Lyon avait incarné en 2020 la réussite emblématique de la vague verte.
Strasbourg : une gauche éclatée qui fragilise Jeanne Barseghian

À Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian se retrouve prise dans une configuration électorale complexe. Plusieurs listes de gauche et de droite s’annoncent, rendant le scrutin incertain.
Un sondage Elabe la crédite de 16 % des voix, à égalité avec Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), tandis que la socialiste Catherine Trautmann apparaît en tête avec 29 %. La dispersion des voix à gauche pourrait coûter cher aux écologistes.
Besançon et Poitiers : l’espoir fragile des alliances
À Besançon et Poitiers, les maires écologistes Anne Vignot et Léonore Moncond’huy se trouvent dans une situation comparable. Si elles parviennent à devancer le Parti socialiste au premier tour, des reports de voix pourraient leur permettre de conserver leur siège.
Mais cette stratégie repose sur des équilibres électoraux instables, dépendants de négociations locales souvent délicates.
Bordeaux : l’exception qui pourrait confirmer la règle

À Bordeaux, le maire sortant Pierre Hurmic semble pour l’instant mieux positionné. Les intentions de vote le placent autour de 35 %, devant Thomas Cazenave (31 %).
Bordeaux apparaît comme la seule grande ville où les écologistes conservent une dynamique réellement favorable, contrastant avec les difficultés observées ailleurs.
La stratégie délicate de Marine Tondelier
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, l’a reconnu dès le lancement de la campagne : plus le parti dirige de villes, plus il s’expose au risque de les perdre. Depuis, elle tente de multiplier les alliances locales avec le Parti socialiste, parfois au prix de tensions internes.
Les rapprochements avec La France insoumise restent rares, révélant les fractures stratégiques qui traversent aujourd’hui le parti vert.
Malgré ces difficultés, les écologistes gardent l’espoir de conquérir de nouvelles municipalités. Marine Tondelier cite régulièrement Metz, mais aussi Lorient, Mulhouse et Biarritz, comme des villes susceptibles de basculer.






