« Le verdict est tombé quand je n’ai pas pu lever la jambe pour monter dans ma voiture », raconte Dolores, atteinte d’un cancer du côlon
Chaque année, des dizaines de milliers de Français apprennent qu’ils sont atteints d’un cancer colorectal.

Pourtant, ce cancer reste l’un des plus curables lorsqu’il est détecté tôt. Le témoignage de Dolores Thorel rappelle à quel point ignorer les signaux du corps peut avoir des conséquences lourdes.
En France, près de 50 000 nouveaux cas de Cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année. Avec environ 17 000 décès annuels, il constitue le deuxième cancer le plus meurtrier du pays, derrière le Cancer du poumon.
Pourtant, les spécialistes insistent sur un point essentiel : lorsque la maladie est détectée précocement, les chances de guérison sont très élevées. Les statistiques montrent qu’un diagnostic précoce permet une guérison dans près de neuf cas sur dix. Malgré cela, de nombreuses personnes continuent d’ignorer les premiers symptômes.
Des signes ignorés pendant des mois
Parmi les patients touchés figure Dolores Thorel, aujourd’hui âgée de 58 ans. Son cancer colorectal a été diagnostiqué en 2021, mais les signes étaient présents bien avant.
Pendant plusieurs mois, elle souffre de douleurs abdominales, de diarrhées et de vomissements. Des symptômes qu’elle choisit de minimiser, absorbée par des difficultés personnelles et une séparation en cours.
Le jour où tout bascule, elle n’arrive plus à lever la jambe pour monter dans sa voiture. Sa fille décide alors de l’emmener aux urgences. Les médecins découvrent rapidement la cause : une occlusion intestinale. Lors de l’opération, le diagnostic tombe : un cancer du côlon au stade 4.

Un combat médical lourd
Commence alors un parcours de soins particulièrement éprouvant. Dolores Thorel enchaîne les interventions chirurgicales et les séances de chimiothérapie afin de tenter de stopper la progression de la maladie.
Mais l’étape la plus difficile reste pour elle la mise en place d’une stomie. Cette intervention consiste à créer une ouverture au niveau du côlon afin d’évacuer les selles dans une poche externe lorsque le transit naturel n’est plus possible.
Ce dispositif médical transforme profondément son quotidien. Chaque déplacement nécessite du matériel spécifique et une organisation constante. Les gestes les plus simples, comme aller aux toilettes ou sortir de chez soi, deviennent beaucoup plus compliqués.
Elle évoque également les contraintes physiques et psychologiques liées à la poche, notamment lorsque celle-ci se remplit de gaz, pouvant provoquer des situations particulièrement difficiles à vivre.
L’importance cruciale du dépistage

Si Dolores Thorel accepte aujourd’hui de raconter son histoire, c’est avant tout pour sensibiliser le public à l’importance du dépistage.
En France, les autorités sanitaires recommandent un test tous les deux ans pour les hommes et les femmes âgés de 50 à 74 ans. Ce kit de dépistage est envoyé par courrier et peut être retiré gratuitement en pharmacie.
Le test, simple et rapide, permet de détecter la présence éventuelle de polypes colorectaux ou de traces de sang invisibles à l’œil nu.
Selon le docteur Ahmed Benhammouda, président du comité de Seine-Maritime de la Ligue contre le cancer, la prévention est essentielle car la majorité des cancers colorectaux se développent à partir de polypes bénins. Lorsqu’ils sont détectés et retirés à temps, il est possible d’empêcher la maladie de se développer.






