François Bayrou invite à la rigueur budgétaire, pourtant sa dernière décision intrigue…
En pleine séquence d’austérité annoncée, une polémique embarrasse François Bayrou. Tandis qu’il exhortait les Français à se serrer la ceinture et les élus à réduire leur train de vie, le Premier ministre a validé cet été des travaux de rénovation de son bureau à la mairie de Pau. Montant estimé : 40 000 euros, financés sur fonds publics.
Selon Mediapart, l’arrêté municipal autorisant la dépense a été signé le 28 juillet. Le projet vise à “redonner sa splendeur” au bureau du maire, situé avec vue sur les Pyrénées. Le parquet ancien doit être restauré, les câbles et luminaires remplacés, et un enduit appliqué pour retrouver “l’esprit d’antan” de la pièce. François Bayrou lui-même présente son bureau comme “le plus beau de la République”.
Le contraste avec le discours sur la dette
Ce chantier tombe au plus mauvais moment pour le chef du gouvernement, qui martèle depuis des semaines l’urgence de la rigueur budgétaire. Le plan présenté prévoit 44 milliards d’euros d’économies d’ici 2027, assorti d’appels répétés à “montrer l’exemple” en réduisant les dépenses publiques. Or, la ville de Pau connaît elle-même une dette croissante, passée de 60 millions d’euros en 2014, lors de son élection, à 111 millions en 2023, soit 1 440 euros par habitant.
Une justification patrimoniale contestée
Face à la controverse, la mairie invoque la protection du patrimoine local. “La ville de Pau accorde une attention particulière à la préservation de son patrimoine architectural et paysager, reflet précieux de son histoire et de son identité culturelle”, fait valoir sa direction de la communication. Mais l’argument peine à convaincre, tant le décalage avec les discours d’austérité est flagrant.
L’opposition dénonce une hypocrisie
Les réactions politiques n’ont pas tardé. François Ruffin dénonce « ces grands messieurs » qui investissent des dizaines de milliers d’euros dans leurs bureaux « mais prônent l’austérité pour les salariés et les retraités ». De son côté, Emmanuel Duplessy (Génération.s) fustige un « Tartuffe » qui demande aux Français de faire des efforts tout en rénovant son bureau. Paul Vannier (LFI) ironise : “François Bayrou n’était pas en vacances en août, il parcourait les catalogues de parquet et de mobilier”.
Une affaire de trop avant son départ de Matignon
Déjà fragilisé politiquement, François Bayrou doit affronter un vote de confiance le 8 septembre qu’il ne devrait pas remporter. Cette affaire renforce l’image d’un Premier ministre coupé des réalités sociales et précipite un départ désormais considéré comme inéluctable. En voulant redonner éclat à son bureau, il a sans doute terni encore davantage la fin de son passage à Matignon.