Frais d’hôtel de luxe : une information judiciaire ouverte contre la PDG de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci
Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre pour la présidente du groupe audiovisuel public.

Une information judiciaire a été confiée à une juge d’instruction à Paris, à la suite d’une plainte syndicale portant sur des frais d’hébergement engagés lors du Festival de Cannes 2023. L’entreprise assure, de son côté, n’avoir dépensé « pas un euro d’argent public ».
Selon les révélations de La Lettre, une juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris a ouvert une information judiciaire visant Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions. La dirigeante est soupçonnée d’« abus de biens sociaux et recel » ainsi que de « soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public », à l’issue d’une enquête préliminaire du parquet.
Un séjour à Cannes au cœur des accusations

L’affaire concerne un séjour de membres de la direction du groupe à l’hôtel Majestic, à Cannes, du 16 au 27 mai 2023, en marge du Festival de Cannes. Selon le syndicat CFE-CGC, qui a déposé plainte en 2024, la facture aurait dépassé 110 000 euros, un montant jugé « extravagant » et supérieur au plafond autorisé de 350 euros par nuit.
Le syndicat évoque également la présence de dirigeants du média en ligne Brut, partenaire du groupe public lors de l’événement.
La défense fondée sur le « barter »
Contacté par l’AFP, France Télévisions affirme être « parfaitement serein ». Le groupe soutient que ces hébergements n’ont pas été financés par de l’argent public mais obtenus via une pratique dite de « barter ». Ce mécanisme consiste à échanger des prestations – en l’occurrence des espaces publicitaires invendus – contre des services, une méthode que l’entreprise qualifie de courante et légale dans le secteur des médias.
Un syndicat déterminé à obtenir des explications

Le secrétaire général de la branche médias de la CFE-CGC, Jean-Jacques Cordival, estime qu’il était « grand temps » que la justice examine ce dossier. L’avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert, a indiqué s’attendre à ce que Delphine Ernotte-Cunci soit entendue personnellement dans le cadre de l’instruction. Le cœur du désaccord porte sur la réalité et la légalité de l’échange invoqué par la direction.
Une procédure aux enjeux symboliques
Au-delà des montants en cause, cette affaire soulève des interrogations sur la gestion des frais au sein d’un groupe financé majoritairement par des fonds publics. L’ouverture d’une information judiciaire marque une étape procédurale importante, sans préjuger à ce stade d’éventuelles mises en examen ou conclusions définitives.






