« Une infraction grave »: les radars vont désormais contrôler les assurances des voitures, sous conditions
Les radars automatiques ne se contenteront plus de traquer les excès de vitesse.

Désormais, ils serviront aussi à repérer les conducteurs circulant sans assurance. Une évolution majeure qui marque un tournant dans la politique de sécurité routière, avec des sanctions particulièrement lourdes à la clé.
La Sécurité routière a officialisé un nouveau dispositif visant à renforcer la lutte contre la conduite sans assurance. Désormais, les excès de vitesse les plus graves seront automatiquement croisés avec le Fichier des véhicules assurés (FVA), permettant d’identifier les automobilistes roulant sans couverture obligatoire.
Pour l’heure, la mesure cible exclusivement les conducteurs flashés à plus de 50 km/h au-dessus de la limitation autorisée. Dans ces cas précis, la consultation du FVA devient systématique. Si une absence d’assurance est constatée, l’automobiliste reçoit un procès-verbal unique mentionnant les deux infractions, assorti d’une convocation devant le tribunal.
L’objectif affiché par les autorités est clair : réduire le nombre d’accidents graves impliquant des conducteurs non assurés, alors que les indemnisations sont, en dernière instance, supportées par l’ensemble des assurés et les finances publiques.
Des sanctions particulièrement dissuasives

Le gouvernement assume une ligne ferme. Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, rappelle que la conduite sans assurance constitue une infraction pénale lourde de conséquences.
Les peines encourues peuvent atteindre trois mois d’emprisonnement et 3.750 euros d’amende pour l’excès de vitesse, auxquels s’ajoute une amende équivalente pour le défaut d’assurance. À cela peuvent s’ajouter une suspension de permis, voire la confiscation du véhicule.
Les autorités précisent que ce dispositif n’est qu’une première étape. À terme, le croisement automatique pourrait être étendu à l’ensemble des infractions relevées par radar, élargissant considérablement le champ de contrôle.
Un enjeu financier et humain majeur

Les chiffres avancés par la Sécurité routière soulignent l’ampleur du phénomène. Environ 515.000 personnes circuleraient sans assurance en France. En 2024, 4,8 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels n’étaient pas assurés, et 216 décès ont été recensés dans des accidents impliquant un véhicule non couvert.
Les jeunes conducteurs sont particulièrement concernés : les moins de 35 ans représenteraient un tiers de la mortalité routière, mais deux tiers des conducteurs non assurés impliqués dans des accidents mortels. Un déséquilibre qui alimente la volonté de durcir les contrôles.
Sur RMC Story, Cyril, chauffeur VTC de 37 ans, s’est félicité de la mesure, estimant qu’elle renforçait la responsabilité sur la route. Il rappelle qu’en cas d’accident sans assurance, les conséquences financières peuvent s’étaler sur toute une vie. Toutefois, il pointe aussi le coût parfois prohibitif des contrats pour certains profils jugés à risque.
Au-delà de la sanction, cette évolution marque un changement profond dans l’usage des technologies de contrôle. Les radars deviennent progressivement des outils de vérification administrative, au-delà de la seule vitesse.






