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Un rein parcourt 60 kilomètres en drone pour tester la livraison de greffons entre deux hôpitaux français

Le transport d’organes destinés à la transplantation pourrait connaître une évolution majeure dans l’Ouest de la France.

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Un rein consacré à la recherche a parcouru 60 kilomètres à bord d’un drone entre Nantes et La Roche-sur-Yon. Cet essai préclinique doit permettre d’évaluer la fiabilité d’une solution capable de réduire considérablement les délais d’acheminement.

Mardi 7 juillet, les équipes du CHU de Nantes et du centre hospitalier de La Roche-sur-Yon ont participé à un essai préclinique consacré au transport d’un greffon par drone. Une expérimentation destinée à déterminer si cette technologie pourrait, à terme, être utilisée dans le cadre de véritables transplantations.

Pour ce test, un rein destiné à la recherche a été placé à bord d’un appareil spécialement mobilisé pour effectuer le trajet. L’organe a parcouru environ 60 kilomètres, soit la distance séparant les deux établissements hospitaliers concernés par l’expérimentation.

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Le vol reproduisait ainsi les conditions d’une future liaison susceptible d’être utilisée pour transporter un greffon entre Nantes, en Loire-Atlantique, et La Roche-sur-Yon, en Vendée. L’objectif était de vérifier concrètement la fiabilité de la technique avant d’envisager son utilisation avec un organe destiné à être transplanté.

Gauthier Dhaussy, cofondateur de la société Delivrone, a expliqué que cette simulation devait permettre de « tester et mesurer » les performances du dispositif. Les équipes ont notamment cherché à vérifier la capacité du drone à acheminer l’organe rapidement tout en préservant les conditions nécessaires à sa conservation.

Cette expérimentation pourrait ouvrir la voie à une nouvelle organisation du transport des greffons. Dans le domaine de la transplantation, chaque minute gagnée entre le prélèvement et la greffe peut avoir une importance déterminante pour la conservation de l’organe.

Seulement 35 minutes pour relier les deux hôpitaux

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Le drone utilisé pour cette opération présente une envergure de 2,70 mètres. L’appareil peut atteindre une vitesse proche de 120 km/h, ce qui lui permet de couvrir rapidement des distances importantes entre plusieurs établissements de santé.

Lors de l’essai, les 60 kilomètres séparant Nantes de La Roche-sur-Yon ont été parcourus en seulement 35 minutes. Une durée particulièrement intéressante dans un secteur médical où la rapidité d’acheminement constitue un enjeu majeur.

Le dispositif présente également l’avantage de pouvoir être disponible en permanence. Selon Gauthier Dhaussy, le drone peut être mobilisé 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, une caractéristique adaptée au fonctionnement des programmes de transplantation, qui ne peuvent pas toujours être planifiés longtemps à l’avance.

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Les prélèvements d’organes et les opérations de greffe peuvent en effet intervenir à toute heure. Disposer d’un moyen de transport immédiatement mobilisable pourrait permettre de limiter certains délais logistiques, notamment lorsque les conditions de circulation compliquent les déplacements terrestres.

Le recours à un drone pourrait aussi permettre d’effectuer un trajet de manière plus directe. Contrairement au transport routier, l’appareil n’est pas soumis aux embouteillages et peut suivre un itinéraire aérien conçu pour réduire le temps nécessaire entre deux établissements.

La rapidité du transport, un enjeu essentiel pour la transplantation

Le professeur Julien Branchereau, responsable chirurgical du programme de transplantation rénale au CHU de Nantes, insiste sur l’importance du facteur temps. Plus un organe est acheminé rapidement, meilleures peuvent être les conditions de reprise de son fonctionnement après la transplantation.

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Selon le spécialiste, réduire le temps de transport permet au greffon de redémarrer plus rapidement après l’intervention. La diminution des délais peut également contribuer à prolonger la durée de fonctionnement de l’organe transplanté, ce qui explique l’intérêt porté à de nouvelles solutions logistiques.

Le transport constitue ainsi une étape essentielle de toute la chaîne de transplantation. Entre le prélèvement et l’opération, le greffon doit être conservé dans des conditions strictement contrôlées afin de préserver au maximum sa viabilité.

L’expérimentation menée entre Nantes et La Roche-sur-Yon devait donc évaluer non seulement la rapidité du drone, mais aussi sa capacité à maintenir l’organe dans un environnement adapté. Le rein utilisé lors de l’essai devait rester à une température constante malgré les conditions météorologiques particulièrement chaudes.

Le jour du vol, la température extérieure atteignait près de 32 °C. Malgré cette chaleur, le rein a été maintenu à environ 4 °C pendant l’intégralité du trajet, démontrant la capacité du système de transport à préserver les conditions thermiques nécessaires.

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Un premier transport en conditions réelles désormais envisagé

Les résultats de cet essai préclinique sont suffisamment encourageants pour permettre aux équipes d’envisager une nouvelle étape. Un test réalisé cette fois avec un greffon destiné à une véritable transplantation pourrait prochainement être organisé.

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