Un professeur de sport condamné à de la prison avec sursis après le décès d’un élève dispensé en Haute-Savoie
Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a rendu, ce mardi, une décision lourde de conséquences dans un dossier qui hante encore une famille depuis cinq ans.

Un professeur d’EPS a été reconnu coupable d’homicide involontaire après la mort d’un collégien de 12 ans, pourtant officiellement dispensé de sport. Le 1er décembre 2020, Baptiste participait à une épreuve de demi-fond sur la piste de son collège de Bons-en-Chablais. Quelques tours plus tard, l’adolescent s’effondrait, victime d’un malaise cardiaque. Transporté en urgence à l’hôpital de Genève, il décédait le lendemain.
Ce que l’enquête a mis en lumière est glaçant : l’élève souffrait depuis la naissance d’une hypertrophie du myocarde. Son dossier scolaire comportait une dispense formelle d’EPS et un certificat médical explicite.
Une condamnation pour « faute caractérisée »

À l’issue du délibéré, le tribunal a condamné l’enseignant à 18 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Le procureur avait requis deux ans avec sursis, dénonçant lors du procès une « faute caractérisée ».
La défense, elle, plaidait la relaxe, estimant que la responsabilité ne pouvait reposer uniquement sur l’enseignant.
« Informé entre deux portes »
À la barre, le professeur, âgé d’une cinquantaine d’années, a expliqué avoir été informé « entre deux portes » par l’élève de l’existence d’un problème cardiaque, sans avoir connaissance de la dispense officielle.
Selon lui, Baptiste lui aurait assuré pouvoir courir « en adaptant son effort », et avait déjà participé à 18 séances depuis la rentrée sans incident apparent. Un argument qui n’a pas convaincu la juridiction.
Des parents qui alertaient depuis des mois

Les parents du jeune garçon ont rappelé avoir signalé à plusieurs reprises l’état de santé de leur fils à l’établissement scolaire, y compris l’année précédente.
Pour eux, la chaîne d’information interne a gravement dysfonctionné. Ils dénoncent une responsabilité plus large que celle du seul enseignant et annoncent vouloir engager une action contre l’Éducation nationale.
À l’audience, l’enseignant a exprimé sa compassion tout en regrettant de devoir « assumer tout seul ce drame ». Son avocate a dénoncé le fait qu’il soit devenu « le coupable idéal », pointant une institution « totalement absente » dans ce dossier.
Elle a d’ores et déjà annoncé faire appel de la décision. À la sortie du tribunal, le père de Baptiste a réagi avec amertume : « 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé ».






