Un institut scientifique recherche dix volontaires pour rester allongé dix jours contre 5.000 euros
À Toulouse, une expérience scientifique singulière s’apprête à recruter dix volontaires prêts à rester alités plusieurs jours.

Objectif : simuler les effets de l’impesanteur sur le corps humain. En contrepartie, une indemnisation de 5.000 euros. Une étude qui intrigue autant qu’elle fascine. L’Institut de médecine et de physiologie spatiales (Medes) lance une nouvelle campagne de recrutement pour une expérience scientifique peu ordinaire. L’objectif n’est pas d’envoyer des volontaires dans l’espace, mais de recréer sur Terre certaines conditions physiologiques propres à l’impesanteur. Cette simulation passe par une immobilisation totale du corps dans une position très spécifique, légèrement inclinée, destinée à reproduire les effets de l’absence de gravité sur l’organisme.
Pendant dix jours, les participants devront rester allongés sans se lever, dans un protocole strictement encadré par les équipes médicales et scientifiques. Une contrainte qui peut sembler extrême, mais qui répond à des besoins de recherche bien précis liés aux futures missions spatiales de longue durée.
Dix jours alités avec un régime calorique minimal

Les volontaires sélectionnés devront accepter de vivre dans une posture quasi immobile, tout en suivant une alimentation drastiquement réduite à 250 calories par jour. Ce cadre expérimental vise à observer comment le métabolisme réagit lorsque le corps ne subit plus les effets habituels de la gravité, comme c’est le cas pour les astronautes en orbite.
Ce type d’étude permet de mieux comprendre les transformations physiologiques qui surviennent dans l’espace : perte musculaire, modification de la circulation sanguine, adaptation du système digestif et dérèglement de certains repères corporels. Autant de paramètres cruciaux pour préparer les explorations spatiales de demain.
Des critères de sélection particulièrement stricts
Pour participer, il ne suffit pas d’être motivé. Les chercheurs recherchent exclusivement des hommes âgés de 20 à 40 ans, en excellente santé et disposant d’une bonne condition physique. La rigueur du protocole impose de sélectionner des profils capables de supporter l’immobilité prolongée sans risque médical.
Chaque volontaire recevra une indemnisation de 5.000 euros pour sa participation. Une somme qui peut paraître attractive, mais qui reflète surtout les contraintes physiques et psychologiques liées à l’expérience.
Comprendre l’adaptation rapide du corps humain

Amandine Fabre, cheffe de projet et responsable de la recherche clinique au Medes, souligne l’importance de ces travaux dans le contexte des missions spatiales qui s’allongent. Les questions liées à la nutrition, au métabolisme et à l’adaptation du corps deviennent centrales pour les agences spatiales.
Selon les chercheurs, le corps humain possède une capacité d’adaptation surprenante face à des conditions extrêmes, et c’est précisément ce phénomène que l’étude souhaite analyser avec précision.
Le témoignage d’un ancien participant
Erwan, qui avait déjà pris part à une étude similaire en 2023, raconte son expérience. À l’époque, il était resté alité pendant 60 jours consécutifs. Il se souvient des premières heures comme d’un moment de désorientation totale, où le corps peine à trouver ses repères.
Mais très rapidement, explique-t-il, une forme d’adaptation s’installe. « Le corps s’habitue plus vite qu’on ne l’imagine », confie-t-il. Pour cette précédente expérience, il avait perçu une indemnisation de 18.000 euros, à la hauteur de la durée exceptionnelle du protocole.
Au-delà de l’aspect insolite, cette étude répond à des enjeux scientifiques majeurs. Les futures explorations spatiales, notamment vers Mars ou lors de séjours prolongés dans des stations orbitales, nécessitent une compréhension fine de la réaction du corps humain à l’impesanteur.






