Sortir des 35 heures, remplacer le RSA par un RIA, durcir l’assurance-chômage… Bruno Retailleau dévoile ses propositions économiques
Trois mois après une sortie fracassante du gouvernement, Bruno Retailleau entend tourner la page et reprendre l’initiative politique. À l’aube de 2026, le patron des Républicains veut repositionner la droite sur un terrain qu’il juge décisif : l’économie. Avec la présidentielle en ligne de mire, il dévoile une stratégie de rupture assumée.
Après son départ du ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau tente de reconquérir un espace politique fragilisé. Dans un entretien accordé aux Les Échos, le président des Les Républicains affirme que la France souffre d’un manque de lisibilité économique. Selon lui, les récents cafouillages budgétaires ont profondément déstabilisé les classes moyennes, les entrepreneurs et les salariés, nourrissant un sentiment d’injustice et de perte de repères.
Rompre avec un « modèle social-étatiste » jugé obsolète
Le sénateur vendéen ne cache pas son ambition : rompre avec un système qu’il estime à bout de souffle, accusé de dévaloriser le travail depuis plusieurs décennies. À ses yeux, la priorité doit être donnée à la rémunération de l’effort. Il plaide pour une vision moins « doloriste » du travail, considérant que l’emploi doit redevenir une source claire d’enrichissement personnel et non une contrainte mal récompensée.
Sortir des 35 heures « par le haut »
Parmi ses propositions phares, Bruno Retailleau souhaite dépasser le cadre des 35 heures, qu’il juge inadapté aux réalités économiques. Il défend un système permettant au salarié de gagner davantage, notamment via un treizième mois, tout en réduisant le coût du travail pour l’entreprise grâce à un mécanisme de « zéro cotisation » sur certaines heures. Il avance aussi l’idée d’une annualisation du temps de travail et d’un seuil négocié à 1 623 heures, contre 1 607 actuellement, au-delà duquel les heures supplémentaires seraient exonérées d’impôt et de cotisations.
Un « revenu d’incitation à l’activité » en remplacement des aides actuelles
Autre chantier central : la refonte des aides sociales. Le président de LR propose de remplacer le RSA, la prime d’activité et l’ASS par un revenu d’incitation à l’activité (RIA). Le principe serait simple : une aide équivalente au RSA pourrait être versée, mais conditionnée à 15 heures d’activité hebdomadaires effectives. L’objectif affiché est de lutter contre ce qu’il considère comme un découragement structurel du retour à l’emploi.
Rendre le travail toujours plus rentable que l’assistance
Dans cette logique, Bruno Retailleau souhaite permettre un cumul temporaire entre salaire et RIA, afin que chaque heure travaillée se traduise immédiatement par un gain financier visible. Il estime que le travail doit redevenir nettement plus avantageux que l’inactivité, condition indispensable, selon lui, pour restaurer la valeur de l’effort.
Plafonner les aides et durcir l’assurance-chômage
Le patron de la droite envisage également la création d’un compte social unique, destiné à fusionner les multiples dispositifs existants. Il propose de plafonner l’ensemble des aides sociales à 70 % du SMIC, afin de creuser l’écart entre revenus du travail et solidarité. Parallèlement, il entend dégager plusieurs milliards d’euros en durcissant les règles de l’assurance-chômage, notamment en appliquant réellement la sanction après trois refus d’offres jugées raisonnables.
Seniors et retraites : des ajustements ciblés
À destination des seniors, Bruno Retailleau défend un cumul emploi-retraite « rénové, simple et incitatif ». Pour les salariés ayant validé tous leurs trimestres sans avoir atteint l’âge légal, il propose une exonération totale de cotisations retraite et chômage. Concernant la réforme des retraites, suspendue fin 2025, il reste volontairement prudent : il évoque une réforme ambitieuse mais réaliste, intégrant une part de capitalisation tout en cherchant à sauver le système par répartition.









