Régularisation d’étrangers souffrant de troubles psychiatriques : « La France est devenue un asile à ciel ouvert »
Dans une chronique au ton sombre et volontairement provocateur, Gilles-William Goldnadel livre une lecture radicale de la France contemporaine.

Immigration, psychiatrie, silence intellectuel face aux crimes iraniens, dérive morale des élites : à travers une série d’exemples, l’avocat et essayiste dresse le portrait d’un pays qu’il juge entré dans une forme de déséquilibre collectif.
Avocat et essayiste, Gilles-William Goldnadel revendique d’emblée une approche pessimiste de la nature humaine. Il décrit une France qui aurait basculé dans une forme de masochisme occidental, nourri par la peur, la culpabilité historique et une perte progressive du sens commun. À ses yeux, cette dérive ne relève pas de l’accident, mais d’un lent processus intellectuel et moral à l’œuvre depuis plusieurs décennies.
Le droit d’asile et la question psychiatrique au cœur de la controverse
Premier axe de son raisonnement : le droit d’asile. S’appuyant sur des révélations de l’hebdomadaire Marianne, Goldnadel évoque la régularisation d’étrangers atteints de troubles psychiatriques graves via le titre de séjour « étranger malade ». Il affirme que la France serait devenue un cas unique, assumant une prise en charge qu’aucun autre pays ne proposerait à une telle échelle, au point de se transformer en « terre d’asile pour malades psychiatriques ».
Dans le prolongement, l’essayiste établit un lien direct entre immigration irrégulière, troubles mentaux et violences. Il évoque des faits divers répétés mettant en cause des individus souffrant de pathologies psychiatriques, dénonçant ce qu’il considère comme une mise en danger volontaire de la population. À ses yeux, cette politique relève d’un aveuglement coupable plus que d’un humanisme éclairé.
L’affaire Sarah Halimi comme symbole d’un aveuglement judiciaire

Goldnadel convoque ensuite un souvenir personnel : l’affaire Sarah Halimi, dont il fut l’avocat de la famille. Il dénonce l’irresponsabilité pénale reconnue à son meurtrier, Traoré, décision qu’il juge emblématique d’une justice trop indulgente face à la violence. Pour lui, ce précédent illustre les conséquences dramatiques d’un système incapable de protéger les victimes.
Autre point de rupture : la possibilité, selon lui, de simuler ou d’exagérer des troubles psychiatriques afin d’obtenir un droit au séjour. Il met en cause une administration naïve, soutenue par des associations militantes, et s’interroge sur la cohérence d’un système qui privilégierait l’accueil de malades mentaux dans un pays dont la psychiatrie publique est déjà saturée et fragilisée.
Une « xénophilie » née du remords colonial
Pour expliquer ce qu’il perçoit comme une dérive globale, Goldnadel avance une thèse idéologique : une xénophilie excessive née du remords colonial, qu’il juge aussi nocive que la xénophobie. Cette fascination pour « l’Autre » serait devenue une norme morale, empêchant toute réflexion rationnelle sur l’intérêt collectif et la souveraineté nationale.
Deuxième grande « folie » pointée : le silence, selon lui assourdissant, des élites occidentales face aux exactions de la République islamique d’Iran. Il reproche aux milieux politiques, intellectuels et artistiques français de détourner le regard, là où ils se montrent habituellement si prompts à dénoncer d’autres régimes. Ce mutisme serait révélateur d’un deux-poids deux-mesures idéologique.
Diplomatie française et indignation sélective

Goldnadel critique notamment la communication du Quai d’Orsay, évoquant l’initiative numérique « French Response », prompte à moquer certaines puissances étrangères mais étrangement silencieuse sur les crimes des ayatollahs. Il déplore également la réserve du chef de l’État, habituellement très expressif sur les drames internationaux.
L’essayiste fustige aussi l’absence de mobilisation du monde artistique et universitaire, qu’il accuse de complaisance idéologique. Il raille l’engagement sélectif de certains étudiants et militants, prompt à brandir des causes lointaines mais muet face aux violences iraniennes, faute d’un cadre idéologique compatible.
Sartre, Foucault et l’héritage d’un aveuglement idéologique
S’appuyant sur un article d’Alexandre Devecchio publié dans Le Figaro Magazine, Goldnadel rappelle les complaisances passées de figures comme Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault envers la révolution islamique iranienne. Il y voit une constante idéologique, prolongée aujourd’hui par certaines figures de la gauche radicale.
Dans l’un des passages les plus polémiques de sa tribune, Goldnadel avance que certains silences militants seraient motivés moins par la religion que par la race, accusant une partie de l’extrême gauche d’indulgence envers des violences commises par des non-Occidentaux. Une thèse volontairement brutale, qu’il assume comme nécessaire à la compréhension du malaise contemporain.






