Pour Xavier Bertrand, « bien sûr » que Nicolas Sarkozy a fait une faute en déjeunant avec Jordan Bardella
À l’approche des élections municipales, les tensions politiques s’intensifient entre les principaux partis français.

Alors que le Rassemblement national affiche de fortes ambitions dans plusieurs grandes villes, Xavier Bertrand a vivement critiqué la stratégie du parti de Marine Le Pen, tout en appelant sa propre famille politique à maintenir une ligne claire face aux extrêmes.
À quelques jours du scrutin municipal, le Rassemblement national espère réaliser une percée électorale dans plusieurs villes jugées stratégiques. Parmi les objectifs évoqués figurent notamment Toulon, Menton ou encore Nice. Le parti de Marine Le Pen entend profiter du contexte politique pour renforcer son implantation locale et élargir son influence territoriale.
La dirigeante du RN a récemment insisté sur la stratégie adoptée par son mouvement. Selon elle, l’objectif ne consiste pas seulement à fédérer les électeurs de droite, mais à convaincre un public plus large. Marine Le Pen affirme vouloir « rassembler les Français » au-delà des clivages traditionnels, une ambition qui s’inscrit dans la volonté du parti de se présenter comme une alternative gouvernementale crédible.
Cette stratégie d’élargissement reste toutefois fortement contestée par plusieurs responsables politiques, notamment au sein de la droite traditionnelle.
Xavier Bertrand rejette les discours de rassemblement
Invité de la matinale de RTL ce jeudi 12 mars, Xavier Bertrand s’est montré particulièrement critique envers la stratégie du Rassemblement national. Le président de la région Hauts-de-France estime que les formations politiques situées aux extrêmes ne peuvent pas prétendre unir le pays.
Selon lui, le Rassemblement national comme La France insoumise s’appuient sur des logiques de confrontation et de division, plutôt que sur une volonté réelle de rassemblement. Il considère que ces partis cherchent avant tout à désigner des responsables aux difficultés du pays afin de mobiliser leur électorat.
Dans ce contexte, Xavier Bertrand insiste sur la différence de stratégie portée par les candidats issus des Républicains. Il affirme que ces derniers privilégient les enjeux locaux, qui restent selon lui au cœur des préoccupations des électeurs lors des élections municipales.
Des priorités centrées sur les enjeux locaux
Pour le président des Hauts-de-France, les campagnes municipales doivent avant tout porter sur des questions concrètes touchant directement la vie quotidienne des habitants. La sécurité, la fiscalité locale et le soutien au commerce de proximité figurent parmi les thèmes qu’il juge prioritaires pour ce scrutin.
Selon lui, ces problématiques constituent les véritables attentes des électeurs lorsqu’ils se rendent aux urnes pour élire leurs équipes municipales. Il estime que les candidats des Républicains cherchent avant tout à répondre à ces préoccupations locales, plutôt qu’à transformer les élections municipales en affrontement idéologique national.
Cette vision s’oppose à celle de certains partis qui cherchent à nationaliser davantage la campagne.

Une ligne dure face aux rapprochements avec le RN
Xavier Bertrand a également été interrogé sur les accusations récentes concernant d’éventuelles alliances locales entre certains candidats des Républicains et le Rassemblement national. Ces soupçons ont été notamment évoqués par le Parti socialiste, qui parle d’une « fusion silencieuse » entre les deux formations dans plusieurs villes.
Face à ces critiques, le responsable politique s’est montré particulièrement ferme. Il appelle son parti à clarifier sa position et à adopter une attitude inflexible vis-à-vis de toute collaboration avec l’extrême droite.
Selon lui, les membres ou candidats qui choisiraient de s’allier au RN ne devraient plus faire partie des Républicains. Xavier Bertrand a explicitement affirmé que ceux qui soutiennent le Rassemblement national, ou qui se rapprochent de personnalités politiques associées à cette mouvance, n’ont plus leur place au sein du parti.
Le cas de Nice et les tensions internes à droite
Dans ses déclarations, Xavier Bertrand a notamment évoqué la situation politique à Nice. Il a appelé la direction des Républicains, désormais conduite par Bruno Retailleau, à clarifier son soutien au maire sortant Christian Estrosi.
Pour lui, il est essentiel que la ligne politique du parti reste cohérente et clairement définie, afin d’éviter toute confusion auprès des électeurs. Cette prise de position illustre les tensions persistantes au sein de la droite française, confrontée à la question des relations à entretenir avec le Rassemblement national.
La rencontre Sarkozy-Bardella critiquée

L’ancien ministre a également réagi à une information révélée récemment par la presse : un déjeuner entre Nicolas Sarkozy et Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Cette rencontre a suscité de nombreuses réactions dans le paysage politique.
Pour Xavier Bertrand, ce type d’initiative risque de brouiller les repères idéologiques de la droite. Il affirme refuser toute proximité avec les responsables du Rassemblement national, qu’il dit combattre politiquement.
Interrogé sur le caractère opportun de ce déjeuner, il n’a pas hésité à qualifier cette rencontre d’erreur. Selon lui, ce type de geste peut semer la confusion chez les électeurs et donner l’impression d’un rapprochement entre les deux camps.
Une stratégie de barrage contre les extrêmes
Xavier Bertrand insiste sur sa volonté de combattre à la fois le Rassemblement national et La France insoumise. Dans certaines villes, il se dit prêt à soutenir des listes communes afin d’empêcher la victoire de l’un ou l’autre de ces partis.
Il évoque notamment la situation à Roubaix, où il craint une possible victoire de La France insoumise. Dans ce contexte, il appelle à un rassemblement des forces politiques opposées à LFI afin de présenter une candidature unique face à ce parti.
De manière similaire, il affirme que dans les villes où le RN pourrait l’emporter, il est également favorable à une mobilisation politique pour empêcher son accession à la mairie.
Une position de fermeté revendiquée
En conclusion, Xavier Bertrand réaffirme une ligne politique qu’il juge claire et constante. Il assure combattre les deux extrêmes du paysage politique français, qu’il considère comme incompatibles avec sa vision de la droite républicaine.






