Pour relancer la natalité, le gouvernement va envoyer une lettre à tous les Français de 29 ans
Face au recul persistant de la fertilité et à des indicateurs périnataux préoccupants, les pouvoirs publics lancent une réponse structurée.

Information précoce, accès élargi aux solutions existantes, recherche renforcée : l’ambition affichée est d’aider chacun à décider en connaissance de cause, sans injonction, mais avec davantage de moyens et de clarté.
Le Ministère de la Santé a dévoilé seize mesures pour endiguer la baisse de la fertilité et agir sur la mortalité périnatale. L’objectif est double : mieux informer la population et fluidifier l’accès aux dispositifs médicaux existants, tout en soutenant la recherche sur les causes de l’infertilité.
Ce programme s’inscrit dans une séquence politique ouverte par Emmanuel Macron, qui appelait début 2024 à un « réarmement démographique ». La ligne défendue aujourd’hui se veut toutefois non prescriptive : ouvrir des options, pas imposer des choix.
Un message ciblé aux 29 ans pour « éviter le si j’avais su »
Parmi les mesures phares, l’envoi d’un message d’information à toutes les personnes de 29 ans d’ici la fin de l’été. À cet âge, l’autoconservation des gamètes est autorisée hors motif médical, mais demeure mal connue. Le message abordera contraception, santé sexuelle, AMP et conservation, en s’adressant autant aux hommes qu’aux femmes.

L’intention est pédagogique : rappeler que la fertilité évolue avec l’âge, sans présenter la conservation comme une solution miracle. Il s’agit d’outiller les décisions intimes par une information claire et anticipée.
Accélérer l’accès à l’autoconservation des gamètes
Ouverte à tous par la loi de bioéthique de 2021, l’autoconservation se heurte à des délais d’attente croissants. Le ministère vise un passage de 40 à 70 centres d’ici 2028 pour désengorger l’offre. Une réflexion est aussi engagée sur l’ouverture au secteur privé lucratif, sans remettre en cause la gratuité du don.
Pour optimiser l’organisation, l’Agence nationale d’appui à la performance est missionnée afin de proposer des recommandations concrètes et réduire les délais.
Cibler les causes médicales et environnementales
Le plan met l’accent sur le diagnostic et la prise en charge de pathologies fréquemment liées à l’infertilité, comme l’endométriose et le SOPK. La recherche sur l’impact des expositions aux perturbateurs endocriniens et autres toxiques est également priorisée dans les appels à projets dédiés à la santé des femmes.
L’idée est d’améliorer la connaissance scientifique pour adapter plus finement prévention et traitements.
Un comité d’experts pour piloter la mise en œuvre

Le premier comité de pilotage réunit les auteurs du rapport de 2022 sur les causes d’infertilité : Samir Hamamah, président de la FFER, et Salomé Berlioux. Leur rôle : coordonner les priorités et suivre l’application concrète des mesures sur le terrain.
Cette gouvernance scientifique vise à ancrer le plan dans des données actualisées et des retours d’expérience.
Un second chantier : la santé périnatale et maternelle
En parallèle, un travail de fond s’ouvre sur la mortalité maternelle et infantile, supérieure en France à celle de plusieurs voisins européens. Le registre des naissances, pleinement opérationnel en 2027, doit fournir des données consolidées pour analyser les failles du système.
Dès le second semestre 2026, des revues de morbimortalité seront généralisées dans toutes les régions afin d’étudier en détail les cas complexes et en tirer des enseignements opérationnels.
Des experts missionnés pour un plan global
Trois personnalités qualifiées pilotent ce volet : Loïc Sentilhes, Elsa Kermorvant et Éliette Bruneau. Leur feuille de route : proposer d’ici juin les premières conclusions d’un plan complet sur la santé périnatale et maternelle.






