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Pénurie d’oeufs dans les supermarchés « à cause les musulmans » ? « Finalement », la vraie raison révélée

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Depuis plusieurs mois, les rayons œufs se vident à un rythme inhabituel, provoquant incompréhension et inquiétude chez les consommateurs.

Entre rumeurs, accusations hâtives et explications économiques plus complexes, la pénurie actuelle relance un débat sensible. Le Ramadan est-il vraiment en cause, ou masque-t-il des déséquilibres plus profonds du marché alimentaire français ?

Dans de nombreuses grandes surfaces, les œufs se font rares, au point de raviver un climat de panique déjà observé lors de précédentes crises alimentaires. En mars 2025, en pleine période de Ramadan, certains discours ont rapidement désigné la consommation des musulmans comme l’un des principaux facteurs explicatifs. Sur les réseaux sociaux comme sur les plateaux télévisés, l’idée a circulé que cette fête religieuse aurait provoqué un pic soudain de la demande, désorganisant l’approvisionnement.

Le Ramadan pointé du doigt sur les plateaux télé

Sur BFMTV, plusieurs intervenants ont évoqué cette hypothèse. Un expert a parlé d’un “élément de contexte”, rappelant que les œufs sont davantage utilisés durant les périodes festives. Une journaliste a même souligné que, pendant le Ramadan, certaines familles consomment effectivement plus d’œufs, notamment pour les repas de rupture du jeûne. Des déclarations qui ont contribué à installer l’idée d’un lien direct entre cette période religieuse et les rayons clairsemés.

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Les professionnels tempèrent l’idée d’une vraie pénurie

Rapidement, les acteurs du secteur ont tenu à nuancer ces affirmations. Loïc Coulombelle, vice-président de l’interprofession de l’œuf, a expliqué qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’une pénurie, mais plutôt de tensions passagères sur le marché. Dans les colonnes du Le Parisien, il a rappelé que le mois de mars correspond traditionnellement à l’un des pics annuels de consommation.

Une demande structurellement plus forte

Selon Loïc Coulombelle, plusieurs facteurs se cumulent : la demande des ménages, celle de l’industrie agroalimentaire — pâtisseries, crèmes glacées préparées pour l’été — et, dans une moindre mesure, le Ramadan. Mais il insiste : l’impact de cette période religieuse reste marginal. Le véritable moteur de la tension serait ailleurs, dans un contexte économique durablement dégradé.

L’inflation au cœur du problème

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L’expert pointe un phénomène clé : les œufs sont devenus un produit de substitution à la viande, dont les prix ont flambé sous l’effet de l’inflation. Pour de nombreux foyers, l’œuf apparaît comme une source de protéines plus accessible, entraînant une hausse continue de la demande. « Ce n’est pas le Ramadan qui vide les rayons », martèle-t-il, mais un changement profond des habitudes de consommation.

Une production incapable de suivre le rythme

Invitée sur RMC Conso, Alice Richard a apporté un éclairage supplémentaire. Elle rappelle que la production reste stable et que les magasins sont livrés quotidiennement. Le problème central réside dans l’écart croissant entre l’offre et la demande, cette dernière ayant progressé bien plus vite que la capacité de production.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Alice Richard avance des données précises : la demande a augmenté de 4 à 5 %, tandis que la production n’a pu croître que d’environ 1 %. Un différentiel considérable qui représente près de 300 millions d’œufs supplémentaires à produire chaque année pour simplement retrouver l’équilibre. À cela s’ajoutent des difficultés logistiques liées aux intempéries hivernales, notamment les épisodes neigeux ayant perturbé les transports.

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