« On doit montrer qu’on sait mordre » : Furax, Gabriel Attal veut que la France « retrouve son autorité » sur la scène internationale
Le climat international se durcit à mesure que les crises s’additionnent. Entre les tensions en Arctique, les soulèvements en Iran et le retour assumé des rapports de force, les certitudes diplomatiques vacillent.

Dans ce paysage instable, une voix française se fait entendre avec une tonalité nouvelle, plus offensive, qui interroge sur l’orientation stratégique de Paris. Les relations internationales traversent une phase de recomposition brutale. Les ambitions américaines sur le Groenland et l’embrasement de la société iranienne dessinent un monde plus instable, où les équilibres hérités de l’après-guerre froide semblent fragilisés. Dans les capitales européennes, les chancelleries observent avec inquiétude cette accélération des rapports de force, conscientes que la marge de manœuvre diplomatique se réduit face à la montée des logiques de puissance.
Gabriel Attal assume une ligne offensive
C’est dans ce contexte que Gabriel Attal, ancien Premier ministre et député Renaissance, a pris la parole lors d’une longue interview sur LCI. Son discours, nettement plus martial que par le passé, tranche avec la prudence habituelle de la diplomatie française. Pour l’élu, la France doit sortir d’une forme de retenue stratégique devenue, selon lui, contre-productive.
L’Iran, symbole d’un débat stratégique explosif

Au cœur de ses prises de position figure l’Iran, secoué depuis plusieurs semaines par des manifestations contre le régime des mollahs. Gabriel Attal critique ouvertement ce qu’il perçoit comme une paralysie morale de certains responsables occidentaux. Il refuse l’idée d’exclure par principe toute intervention, estimant qu’une telle posture enverrait un signal de faiblesse aux dirigeants iraniens. Cette vision interventionniste, assumée, suscite déjà des réactions contrastées au sein de la classe politique française.
Une doctrine de dissuasion assumée
Pour le député, ne pas condamner par avance une éventuelle action extérieure relève d’une logique de dissuasion. L’objectif affiché est clair : empêcher les régimes autoritaires d’agir sans crainte de représailles. Cette ligne dure rompt avec une tradition diplomatique française souvent fondée sur le multilatéralisme et la médiation, et pose la question des risques d’escalade dans des zones déjà hautement inflammables.
Le Groenland, nouvel épicentre des rivalités
Autre dossier brûlant évoqué : le Groenland. Les velléités de Donald Trump sur cette île stratégique ont ravivé les inquiétudes européennes. En réaction, plusieurs pays du continent ont décidé de coordonner une mission de présence militaire dans la région arctique. Gabriel Attal estime qu’un signal stratégique clair peut être envoyé si le Danemark en fait la demande, soulignant l’importance de la solidarité européenne face aux pressions extérieures.
Une fermeté revendiquée face aux grandes puissances

Des militaires français, mais aussi suédois, norvégiens et allemands, devraient participer à cette opération de dissuasion. Cette démonstration de force s’inscrit dans une vision assumée du rapport de puissance, que Gabriel Attal résume par une formule sans détour : montrer que l’on sait se défendre pour éviter l’escalade. Une approche qui fait écho au soutien qu’il avait apporté à Emmanuel Macron lors de précédentes séquences de fermeté présidentielle.
Le réarmement comme clé de crédibilité internationale
Invité sur LCI, l’ancien chef du gouvernement affirme que la France doit retrouver une autorité sur la scène internationale. Selon lui, l’apaisement ne peut reposer uniquement sur les principes et les textes internationaux. La crédibilité passe par le réarmement, la puissance économique et la conscience de ses propres capacités, autant de leviers qu’il juge indispensables dans un monde désormais multipolaire.
Une rupture avec la tradition diplomatique française
Cette rhétorique musclée marque un tournant. Elle s’éloigne d’une diplomatie française historiquement attachée au multilatéralisme et au droit international, au profit d’une approche plus réaliste, fondée sur le rapport de force. Reste une question centrale : cette stratégie renforcera-t-elle réellement la position de la France ou l’exposera-t-elle à de nouvelles tensions ?






