« On a laissé Sylvie entre ses mains » : au tribunal, les proches de la victime expriment leur douleur…
Dans le Gers, une affaire survenue durant l’été 2023 continue de soulever de douloureuses interrogations au sein d’une famille. Malgré plusieurs démarches auprès des autorités, une femme de 58 ans n’a pas pu être protégée. Ses proches cherchent aujourd’hui à comprendre cet enchaînement tragique.

Une séparation accompagnée de tensions inquiétantes
À l’été 2023, Sylvie Sanchez, 58 ans, traverse une période particulièrement difficile. Après près de trente années de vie commune avec Daniel Malagut, elle a décidé de mettre un terme à leur relation. Mais cette séparation s’accompagne d’un comportement de plus en plus préoccupant de la part de son ancien compagnon.
Selon les éléments rapportés, l’homme multiplie les manifestations de jalousie et cherche à surveiller les faits et gestes de son ex-conjointe. Depuis plusieurs mois, celle-ci décrit une situation de harcèlement qui perturbe profondément son quotidien.
Inquiète pour sa sécurité, Sylvie Sanchez se confie notamment à l’un de ses frères. Elle lui fait part de ses craintes concernant les réactions de son ancien partenaire, alors que les tensions entre eux continuent de s’intensifier.
Plusieurs démarches entreprises auprès des autorités

Face à cette situation, Sylvie Sanchez décide de signaler officiellement les agissements de son ancien compagnon. Le 18 juin 2023, elle effectue une première démarche en déposant une main courante.
Quelques jours plus tard, estimant les menaces suffisamment sérieuses, elle dépose une plainte pour menaces de mort répétées contre Daniel Malagut. Cette nouvelle démarche vise à faire connaître aux enquêteurs la gravité de la situation qu’elle affirme subir.
Les investigations conduisent les gendarmes à entendre son ancien compagnon. Lors de son audition, celui-ci reconnaît avoir proféré les menaces qui lui sont reprochées, un élément important dans le déroulement de la procédure.
Une décision judiciaire prise quelques jours avant le drame
Le 31 juillet 2023, Daniel Malagut quitte les locaux de la gendarmerie à l’issue d’une garde à vue, qui avait été interrompue par une hospitalisation en établissement psychiatrique.
Malgré les menaces reconnues pendant son audition, il ressort libre avec une convocation du parquet d’Auch, dans le Gers. Une composition pénale, procédure permettant de proposer une réponse judiciaire alternative aux poursuites classiques, est alors envisagée pour le mois de novembre.
Cependant, les événements prennent une tournure dramatique seulement trois jours après cette décision. Le 3 août 2023, Sylvie Sanchez perd la vie, tuée par son ancien compagnon.
Une famille qui cherche à comprendre ce qui aurait pu être évité

Depuis la disparition de sa tante, Michael Sanchez reste profondément marqué par les démarches qu’elle avait entreprises pour signaler sa situation. Une question revient régulièrement dans son esprit : que pouvait-elle faire de plus pour obtenir une protection ?
La victime avait pourtant alerté les autorités à plusieurs reprises, signalé des menaces et confié ses inquiétudes à ses proches. Ces différents éléments alimentent aujourd’hui les interrogations de sa famille sur la manière dont son dossier a été traité.
Me Fabien Arakelian, avocat représentant plusieurs membres de l’entourage de Sylvie Sanchez, considère que les signes annonciateurs du danger étaient présents avant les faits. Il dénonce un féminicide qui, selon lui, aurait pu être anticipé.
Les proches de Sylvie Sanchez continuent ainsi de s’interroger sur les mesures prises après ses signalements, et plus particulièrement sur la décision ayant permis à son ancien compagnon de ressortir libre quelques jours avant sa mort.





