Mon enfant a de l’eczéma dans l’oreille. Comment le soigner ?
La voix est brisée, les mots lourds d’une douleur sans fond. Interrogée après le drame de Crans-Montana, une mère endeuillée refuse désormais toute prudence lexicale.

Pour elle, ce qui s’est joué dans la nuit du Nouvel An dépasse l’accident : c’est une tragédie dont les responsabilités doivent être pleinement assumées. Devant les caméras de BFMTV, Vincianne Stucky livre un témoignage d’une intensité rare. Son fils, Trystan Pidoux, âgé de 17 ans, a perdu la vie lors de l’incendie survenu dans la nuit du 1er janvier au bar Le Constellation, à Crans-Montana. « Je suis vide. Je n’ai plus rien à perdre », confie-t-elle, affirmant être « morte » symboliquement quelques jours après son enfant.
Les derniers mots d’un fils, quelques minutes avant l’horreur
Dans cet entretien bouleversant, la mère se remémore le dernier message reçu de Trystan, envoyé à 00h08, à peine quelques minutes avant le déclenchement de l’incendie. Un simple vœu de bonne année, ponctué d’un “je t’aime”, devenu aujourd’hui un souvenir insoutenable. Le passage à la nouvelle année, autrefois synonyme de fête, est désormais associé à un instant figé dans la tragédie.

Une colère partagée au sein de la famille
La douleur laisse aussi place à la colère. Tobias Pidoux, le petit frère de Trystan, âgé de 14 ans, confie ne pas parvenir à réaliser ce qui s’est produit. Il exprime une rage profonde, dirigée à la fois contre le propriétaire du bar et contre la commune, qu’il estime coresponsables. Une indignation qui fait écho à celle de sa mère, déterminée à ne plus se taire.
Pour Vincianne Stucky, les mots ont un sens précis. À l’évocation d’une possible libération de Jacques Moretti, propriétaire de l’établissement placé en détention provisoire, elle s’emporte. « Le mot, c’est ignominie », lâche-t-elle, refusant toute terminologie atténuée. Selon elle, son fils et les 39 autres victimes n’ont pas simplement perdu la vie : ils ont été tués, une affirmation qui traduit sa conviction que le drame n’est pas le fruit du hasard.
Des funérailles brutalement interrompues

À cette souffrance s’est ajoutée une épreuve supplémentaire. Dans les colonnes du média suisse Blick, la mère de Trystan raconte comment les funérailles prévues à Lausanne ont été interrompues par une décision judiciaire. Le corps de son fils a été réquisitionné en urgence pour une autopsie, le jour même de la cérémonie. « Ils ont fait irruption et m’ont arraché Trystan », confie-t-elle, encore sous le choc.
Si Vincianne Stucky reconnaît le caractère indispensable de l’autopsie pour l’enquête, elle dénonce la brutalité de la méthode et l’absence de ménagement pour la famille. Tout a été bouleversé, explique-t-elle, jusque dans l’organisation du deuil. En urgence, les proches ont dû réorganiser les obsèques, finalement fixées au vendredi 16 janvier.






