Mika : “Avant de mourir…”, ce “signe” troublant qui le laisse penser que c’est la fin
Invité sur le plateau de C à vous, Mika a livré un moment rare, entre humour, fragilité et profondeur. À l’aube de la sortie mondiale de son nouvel album, l’artiste s’est confié sur son parcours, sa création et cette quête intime qui traverse désormais toute sa musique.

Révélé au début des années 2000 avec des tubes planétaires, Mika s’est rapidement imposé comme une figure à part dans le paysage pop international. De Life in Cartoon Motion à ses productions les plus récentes, il a su faire évoluer son univers sans jamais renier sa signature artistique. Derrière la flamboyance visuelle et sonore qui a marqué ses débuts, l’artiste a progressivement laissé apparaître une dimension plus introspective, plus intime, presque méditative.
« Hyper Love », un album miroir de notre époque

Sur le plateau, Anne-Élisabeth Lemoine le présente comme « le plus français des artistes anglophones ». Une formule qui amuse Mika à quelques heures d’un moment crucial : la sortie mondiale de son quatorzième album, Hyper Love. Un disque qui questionne frontalement notre époque saturée d’hyperconsommation, d’hyperinformation et d’hyperconnexion, en se demandant s’il reste encore un espace pour les sentiments dans ce monde surdimensionné.
Alors que l’animatrice joue avec la prononciation du titre entre français et anglais, la tension monte. C’est son premier album en anglais depuis plusieurs années. Mika, visiblement ému, confie : « Deux ans et demi de travail. Ça sort dans deux heures. Je suis là et j’ai vraiment faim ! Et on mange des pâtes à la sauce. C’est le plat que je veux manger avant de mourir. J’espère que ce n’est pas un signe ». Un mélange d’autodérision et de nervosité qui révèle l’attachement viscéral qu’il porte à ce projet.
Technologie, comparaison permanente et perte de repères

La discussion prend une tournure plus philosophique lorsque l’album est décrit comme presque chaplinesque dans sa manière d’observer notre société. Mika développe alors une réflexion sur l’impact de la technologie moderne. Il évoque cette tendance à se comparer sans cesse, à consommer des modèles de vies idéalisées où tout semble accessible, achetable, interchangeable, au risque d’y perdre son propre repère intérieur.
C’est au moment d’entamer ce projet, à l’aube de la quarantaine, que cette interrogation a émergé. Mika raconte s’être demandé : « C’est mon âme… comment va mon âme ? Est-ce qu’elle vit encore ? Est-ce qu’elle réagit encore ? ». Derrière le concept d’Hyper Love, il y a une véritable introspection existentielle, une tentative de préserver cette « électricité fragile » qui nourrit encore sa créativité et son envie d’aimer.






