Marie Paule Belle, interprète de « La Parisienne », est morte à 80 ans
La chanson française perd l’une de ses voix les plus singulières. Marie-Paule Belle, interprète de l’inoubliable La Parisienne, est décédée à l’âge de 80 ans. Artiste complète, auteure, compositrice et pianiste, elle laisse derrière elle une œuvre marquée par l’élégance des mots, l’humour et un regard sensible sur la société.
Marie-Paule Belle s’est éteinte à l’âge de 80 ans

La chanteuse, compositrice et pianiste Marie-Paule Belle est décédée ce samedi 25 juillet à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 80 ans. L’annonce de sa disparition a été confirmée par son attaché de presse auprès de l’Agence France-Presse.
L’artiste est morte des suites d’une longue maladie, selon cette même source. Elle évoquait d’ailleurs publiquement son combat contre un cancer depuis plusieurs années, notamment à travers un poème intitulé KO !, publié en 2024, dans lequel elle abordait avec sincérité les épreuves liées à la maladie.
Née le 25 janvier 1946 dans l’Oise, Marie-Paule Belle avait grandi à Nice avant de se consacrer pleinement à la musique. Passionnée très tôt par le piano et l’écriture, elle se décrivait elle-même comme étant « née dans un piano », une formule qui résumait parfaitement la place qu’occupait la musique dans sa vie.
Une carrière lancée dans les années 1970

Les premiers succès de Marie-Paule Belle remontent au début des années 1970. Ses chansons Wolfgang et moi et Nosferatu lui permettent de se faire connaître du grand public, notamment lors d’une apparition télévisée en 1973 dans une émission animée par Philippe Bouvard.
Mais c’est trois ans plus tard que sa carrière prend une nouvelle dimension avec la sortie de La Parisienne. Ce titre devient rapidement son plus grand succès et s’impose comme l’un des morceaux emblématiques de la chanson française de cette époque.
Sur une mélodie composée par l’artiste elle-même, inspirée de l’univers des opérettes de Jacques Offenbach, Marie-Paule Belle raconte avec humour et ironie l’arrivée d’une jeune provinciale dans la capitale. Derrière son apparente légèreté, la chanson dresse le portrait d’une femme indépendante découvrant les transformations de la société française des années 1970.
Le succès est considérable. Certifié disque d’or, La Parisienne ouvre à son interprète les portes d’une carrière durable et lui permet notamment de monter pour la première fois sur la scène de l’Olympia.
Une artiste engagée par la force de ses chansons

Au fil des années, Marie-Paule Belle construit un répertoire très personnel, mêlant fantaisie, émotion et réflexion. Sans revendiquer une posture militante, elle utilise ses textes pour aborder des sujets de société parfois peu traités à l’époque.
Elle interprète notamment Les Petits Patelins, mais aussi Celles qui aiment elles, une chanson consacrée à l’homosexualité féminine. Ce titre trouve un écho particulier dans son histoire personnelle.
Pendant une dizaine d’années, Marie-Paule Belle partage la vie de la romancière belge Françoise Mallet-Joris, membre de l’Académie Goncourt, disparue en 2016. La chanteuse expliquera plus tard qu’elle n’avait jamais ressenti le besoin de revendiquer publiquement cette relation, estimant vivre son histoire naturellement malgré le regard de la société de l’époque.
Françoise Mallet-Joris a également participé à l’écriture des paroles de La Parisienne. En 2020, Marie-Paule Belle lui rend hommage dans un ouvrage intitulé Comme si tu étais toujours là, consacré à leur histoire commune.
Une figure discrète mais incontournable de la chanson française

Tout au long de sa carrière, Marie-Paule Belle est restée fidèle à une image d’artiste indépendante, privilégiant la création à la recherche de la célébrité. Son univers, difficile à classer, mêlait chanson, humour, poésie et théâtre.
Proche de grandes figures de la chanson française comme Serge Lama ou Barbara, elle n’a jamais cherché à cultiver le statut de vedette. Son parcours l’a conduite aussi bien sur les scènes de concert que dans les théâtres, où elle a poursuivi son travail d’interprète et de créatrice.
Avec sa disparition, la chanson française perd une artiste à la personnalité singulière, dont les œuvres continuent de témoigner d’un goût prononcé pour les mots, la musique et les récits du quotidien. Son répertoire, porté par une écriture sensible et un style immédiatement reconnaissable, demeure profondément inscrit dans le patrimoine musical français.






