Manon Aubry critique les milliardaires : sa rémunération de députée européenne relance la polémique
Une déclaration de Manon Aubry contre l’existence des milliardaires a provoqué de nombreuses réactions. Certains internautes opposent désormais les positions de l’eurodéputée à sa rémunération, parfois en additionnant son indemnité parlementaire et des enveloppes pourtant destinées à l’exercice de son mandat.
Lors des universités d’été de La France insoumise organisées dans la Drôme, Manon Aubry a défendu une position radicale concernant les grandes fortunes. L’eurodéputée a déclaré que taxer davantage les plus riches ne suffisait plus et qu’il faudrait « interdire les milliardaires », allant jusqu’à employer le terme de « nuisibles » pour les désigner.
L’élue a relié cette proposition à plusieurs sujets régulièrement développés par son mouvement politique, notamment la concentration des médias, les inégalités économiques et les conséquences environnementales de certaines activités industrielles. Manon Aubry a pleinement assumé le caractère provocateur de ses propos, anticipant elle-même leur reprise dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le JDD
Cette intervention a rapidement suscité une controverse. Ses adversaires lui reprochent principalement l’emploi d’un vocabulaire jugé excessif, tandis que d’autres remettent en cause la cohérence entre son discours contre les grandes fortunes et les moyens financiers dont elle bénéficie en tant que députée européenne. La polémique s’est ainsi déplacée du contenu de sa proposition vers sa propre rémunération.
Une rémunération parlementaire distincte des frais de mandat
Plusieurs publications affirment que Manon Aubry percevrait personnellement plus de 12 000 euros nets chaque mois. Les données officielles disponibles ne confirment toutefois pas cette présentation. Tous les députés européens sont soumis au même statut et perçoivent une indemnité identique. En 2025, la rémunération mensuelle s’élevait à 11 255,26 euros avant prélèvements et à 8 772,70 euros après l’impôt européen et les cotisations obligatoires. Une imposition nationale supplémentaire peut également être appliquée selon la situation de l’élu.
Manon Aubry siège au Parlement européen depuis 2019 et a été réélue en juin 2024. Elle bénéficie donc de cette indemnité depuis le commencement de son premier mandat. En revanche, le montant de 785 000 euros nets avancé dans certaines publications n’est accompagné d’aucun calcul officiel détaillé permettant d’en connaître précisément la composition ou de vérifier s’il correspond uniquement à sa rémunération personnelle.
À cette indemnité parlementaire s’ajoute une enveloppe mensuelle de 4 950 euros au titre des frais généraux. Cette somme ne constitue pas juridiquement un salaire supplémentaire : elle est destinée à couvrir les dépenses nécessaires à l’exercice du mandat, comme la location et l’entretien d’une permanence, le matériel informatique, les fournitures, la documentation, les communications ou certaines activités de représentation. Parlement européen
Des moyens professionnels qui ne constituent pas un revenu personnel
Le Parlement européen rembourse également certains déplacements effectués dans le cadre des fonctions officielles. Les billets utilisés pour rejoindre Bruxelles, Strasbourg ou d’autres lieux de réunion peuvent être pris en charge sur présentation de justificatifs, dans les limites fixées par l’institution. Ces remboursements correspondent à des dépenses professionnelles engagées pour participer aux travaux parlementaires, et non à une rémunération directement versée pour un usage privé.
Une indemnité journalière de séjour peut aussi être accordée aux élus lorsqu’ils participent aux activités officielles du Parlement. Son montant atteint 359 euros par jour en 2026, sous réserve que le député atteste sa présence en signant le registre prévu à cet effet. Cette allocation doit couvrir les repas, l’hébergement et les autres dépenses liées au séjour, et peut être réduite en cas de participation insuffisante aux votes par appel nominal.
Les assistants parlementaires sont, eux aussi, financés par le budget de l’institution européenne. Les crédits correspondants permettent de rémunérer les personnes chargées d’aider les élus dans leurs travaux législatifs, administratifs et politiques. Cette enveloppe ne peut pas être assimilée au revenu privé du député, puisqu’elle sert au paiement des collaborateurs selon des règles et des contrats encadrés par le Parlement.
Une controverse centrée sur la cohérence politique
Les critiques adressées à Manon Aubry reposent sur l’idée qu’une responsable politique bénéficiant d’une rémunération élevée financée par des fonds publics serait mal placée pour dénoncer l’accumulation des richesses. Certains messages mentionnent également le milieu professionnel de ses parents, tous deux journalistes, afin de présenter l’élue comme issue d’un environnement favorisé. Ces arguments relèvent toutefois de la critique politique et ne démontrent pas, à eux seuls, une irrégularité dans sa rémunération ou dans l’utilisation de ses indemnités.










