Les disparus des Argonnes : Alix Poisson se confie sur les scènes les plus difficiles à jouer, « Je ne sais pas si je vais la passer, celle-là »
Habituée aux personnages confrontés à des situations particulièrement difficiles, Alix Poisson relève un nouveau défi à la télévision. Dans une fiction inspirée d’une affaire qui a marqué la France, la comédienne incarne une mère déterminée à découvrir la vérité sur la disparition de son fils.

Alix Poisson retrouve un rôle inspiré d’une histoire vraie
Au fil de sa carrière, Alix Poisson s’est illustrée dans plusieurs productions abordant des événements réels et des drames humains.
Les téléspectateurs ont notamment pu la découvrir dans Sambre, où elle interprétait Christine Labot, ainsi que dans Des vivants, une fiction consacrée aux personnes ayant survécu à l’attentat du Bataclan.
Avec Les disparus des Argonnes, la comédienne poursuit cette exploration de récits particulièrement sensibles.
Cette nouvelle série s’inspire de l’affaire des disparus de Mourmelon, qui a profondément marqué les années 1980.
À cette époque, huit jeunes hommes ont disparu dans des circonstances inquiétantes à proximité du camp militaire de Mourmelon, dans la Marne.
Plusieurs d’entre eux effectuaient leur service militaire et avaient pour habitude de se déplacer en auto-stop dans les environs.
Pendant des années, les investigations ont rencontré de nombreuses difficultés avant de s’orienter vers un suspect.
Pierre Chanal, un adjudant-chef arrêté en 1988 dans une autre affaire concernant un auto-stoppeur hongrois, a été mis en cause dans le dossier des disparitions.
Libéré en 1995, il devait être jugé pour les faits qui lui étaient reprochés, mais il a mis fin à ses jours en 2003, avant son procès.
Cette affaire, restée douloureuse pour les familles, constitue la toile de fond de la nouvelle fiction portée par Alix Poisson.
Une mère déterminée à retrouver son fils disparu

Dans Les disparus des Argonnes, Alix Poisson prête ses traits à Jocelyne Veyrades, une mère dont l’existence bascule lorsque son fils Gilles ne revient pas d’une permission militaire.
Aux côtés de son époux Fernand, interprété par Vincent Deniard, elle entreprend de nombreuses démarches pour comprendre ce qui est arrivé au jeune homme.
Son personnage refuse de se résigner à l’absence de réponses, malgré les obstacles rencontrés et les années qui passent.
Dans un entretien accordé à Franceinfo, Alix Poisson a évoqué la détermination exceptionnelle de cette femme.
La comédienne décrit Jocelyne comme une véritable combattante, capable de consacrer toute son énergie à la recherche de son enfant.
Pour elle, cette force trouve son origine dans la douleur de ne pas savoir ce qui est arrivé à son fils.
Jocelyne souhaite retrouver Gilles, comprendre les circonstances de sa disparition et pouvoir enfin accomplir son deuil.
L’actrice souligne également que cette quête dépasse la seule recherche d’informations.
Elle devient progressivement le combat d’une mère qui refuse que son enfant soit oublié, même lorsque les possibilités d’obtenir des réponses semblent limitées.
Un tournage particulièrement éprouvant pour la comédienne

Si Alix Poisson connaissait déjà les exigences des fictions inspirées de faits réels, ce nouveau personnage lui a demandé un investissement émotionnel considérable.
La comédienne estime que cette histoire méritait d’être racontée, notamment en raison du silence qui a longtemps entouré certains aspects de l’affaire.
Elle rappelle que les violences sexuelles évoquées dans le dossier concernaient des hommes, dont des militaires, une réalité qui aurait contribué à rendre la parole particulièrement difficile.
Pour l’actrice, aborder ces événements à travers une fiction permet également de donner une place aux familles et à leurs années d’attente.
Mais interpréter Jocelyne Veyrades n’a pas été simple.
Alix Poisson reconnaît avoir régulièrement douté de sa capacité à jouer certaines séquences, tant les émotions demandées étaient intenses.
Elle compare cette expérience à un saut dans l’inconnu, expliquant qu’elle devait parfois commencer une scène sans savoir exactement comment elle allait parvenir à exprimer ce que ressentait son personnage.
Une séquence l’a particulièrement marquée : celle où Jocelyne recherche son fils à l’hippodrome et laisse éclater sa détresse.
Avant le tournage, la comédienne redoutait de ne pas réussir à transmettre toute la force de ce moment.
Elle a finalement dû se laisser guider par la situation et les émotions du personnage, plutôt que de chercher à anticiper chaque réaction.
Une scène finale tournée de deux manières très différentes

Parmi les souvenirs les plus marquants de cette expérience, Alix Poisson évoque également une scène située vers la fin de la série.
Dans cette séquence, Jocelyne se trouve chez elle et écoute sa petite-fille jouer du violoncelle.
Le scénario prévoyait initialement un moment d’apaisement, pendant lequel la musique et la présence d’une nouvelle génération permettaient au personnage de retrouver une forme de sérénité.
La scène a d’abord été tournée dans cet esprit, avec une Jocelyne occupée à coudre tout en écoutant l’instrument.
Mais le réalisateur Safy Nebbou a ensuite proposé à Alix Poisson d’essayer une interprétation complètement différente.
Dans cette seconde version, les notes du violoncelle réveillent les souvenirs de son fils disparu.
Au lieu de trouver du réconfort dans la musique, Jocelyne se laisse alors submerger par son chagrin et pleure silencieusement.
L’actrice raconte que cette émotion est venue naturellement pendant la prise.
Elle explique ne pas avoir eu besoin de préparer longuement ses larmes : l’écoute du morceau et son immersion dans la scène ont suffi à provoquer cette réaction.
Les deux versions ont donc été enregistrées, laissant à la réalisation la possibilité de choisir celle qui correspondait le mieux à l’évolution du personnage.





