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Le président algérien appelle ses ressortissants « en situation de précarité et irrégulière » à revenir en Algérie

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Annoncée à l’issue d’un Conseil des ministres à Alger, une mesure exceptionnelle vient rebattre les cartes de l’émigration clandestine algérienne.

Le président Abdelmadjid Tebboune appelle des milliers de jeunes en situation irrégulière à l’étranger à régulariser leur situation et, s’ils le souhaitent, à rentrer au pays, dans un contexte migratoire toujours explosif.

Dimanche 11 janvier, à l’issue d’un Conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune a annoncé une mesure visant les jeunes Algériens vivant à l’étranger en situation de précarité et d’irrégularité administrative. Dans un communiqué officiel, le chef de l’État les a invités à regagner l’Algérie, en leur offrant une possibilité de régularisation administrative longtemps restée inaccessible. L’objectif affiché est de sortir ces ressortissants de l’impasse juridique dans laquelle ils se trouvent parfois depuis des années.

Des dizaines de milliers de personnes potentiellement concernées

Le texte ne mentionne aucun pays en particulier, mais les chiffres donnent la mesure du phénomène. Selon Organisation internationale pour les migrations, près de 54 000 Algériens ont gagné l’Europe entre 2020 et 2024, principalement la France, l’Espagne et l’Italie. Beaucoup sont arrivés sans passeport ni documents d’identité, se retrouvant ainsi irréguliers à la fois dans leur pays d’accueil et vis-à-vis de l’Algérie, qu’ils ne peuvent plus rejoindre légalement.

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Une régularisation via les consulats algériens

Concrètement, la procédure passera par les consulats d’Algérie à l’étranger, chargés de délivrer de nouveaux passeports aux personnes éligibles. Cette étape vise à leur redonner une existence administrative, condition indispensable à tout retour volontaire. La mesure s’adresse en particulier aux migrants issus de la harga, terme populaire désignant l’émigration clandestine, souvent associée à la destruction volontaire des papiers d’identité pour échapper à toute identification.

Une justification humanitaire assumée par Alger

Les autorités algériennes expliquent cette initiative par la grande détresse humaine dans laquelle vivent ces jeunes. Le communiqué évoque des ressortissants « loin de leur patrie, de leurs proches et de leur famille », confrontés à la misère, à l’exploitation dans des travaux dégradants, voire à une instrumentalisation politique ou criminelle. Selon Alger, ces parcours d’exil n’ont conduit qu’à des souffrances injustifiables, exposant les migrants à des atteintes à leur dignité et à leur réputation.

Des exclusions clairement définies

Cette mesure reste toutefois strictement encadrée. Sont exclus du dispositif les individus impliqués dans des crimes de sang, le trafic de drogues ou d’armes, ainsi que ceux ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans un but hostile à l’Algérie. Les autorités précisent que la majorité des jeunes concernés n’auraient commis que des infractions mineures, principalement liées à l’ordre public.

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Une promesse de retour sans poursuites… sous conditions

Les migrants sont invités à rentrer avec l’assurance de ne pas être poursuivis à leur arrivée, à condition de s’engager à ne pas récidiver. Mais cette promesse peine à convaincre. Le média Jeune Afrique souligne une méfiance persistante parmi les intéressés, nombreux à redouter arrestations ou poursuites judiciaires malgré la régularisation annoncée.

Une double illégalité difficile à dépasser

Comme l’explique sur RTL Marwa Boutaba, ces migrants se trouvent dans une situation juridiquement piégée. Partis illégalement d’Algérie, ils ont enfreint la loi nationale, puis se sont retrouvés en infraction dans leur pays d’accueil. La “harga” est criminalisée en Algérie depuis 2009, avec des peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison et des amendes lourdes au regard du salaire minimum local.

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Le mur administratif en France

En France, la situation n’est guère plus simple. Dès lors qu’un ressortissant est identifié comme entré sans visa ni titre de séjour, une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) peut être prononcée. Selon le site Service public, les personnes entrées irrégulièrement figurent parmi les premières concernées par ces mesures. Le retour devient alors juridiquement possible, mais humainement et socialement redouté.

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