“J’ai vérifié les cartes d’identité” : à Crans-Montana, Jessica Moretti brise le silence sur les mineurs présents dans son bar le soir de l’incendie
La nuit du Nouvel An 2026 à Crans-Montana reste marquée par l’horreur.

Face aux juges et aux familles endeuillées, les gérants du bar Le Constellation ont livré leur version des faits. Entre émotion, interrogations sur la sécurité et présence de mineurs, les auditions ravivent la douleur d’un drame aux conséquences irréversibles.
Les 11 et 12 février, Jacques Moretti et Jessica Moretti ont comparu devant le parquet de Sion. Les gérants du bar « Le Constellation », situé à Crans-Montana, ont dû répondre aux magistrats mais aussi aux avocats des victimes de l’incendie qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 116 blessés.
Les éléments révélés par RTL montrent l’ampleur des interrogations : gestion de la sécurité, présence de mineurs et comportement des responsables lorsque les flammes se sont propagées dans le sous-sol. Les auditions ont mis en lumière les zones d’ombre qui persistent sur le déroulé exact des événements.
La présence de mineurs au cœur des questions

L’un des points les plus sensibles concerne la présence de jeunes, dont certains âgés de moins de 16 ans, dans l’établissement ce soir-là. Interrogée par la procureure, Jessica Moretti a reconnu les failles possibles : « Nous ne sommes pas infaillibles ».
Elle avance l’hypothèse que des mineurs auraient pu profiter d’un moment d’absence de l’agent de sécurité pour entrer au moment où l’incendie se déclarait. Elle maintient toutefois avoir procédé à des contrôles d’identité stricts sous sa responsabilité, affirmant qu’aucun mineur n’est entré pendant qu’elle assurait la surveillance.
Une prise de parole face aux familles
Le 12 février, la gérante s’est adressée aux proches des victimes. Elle a exprimé sa compassion, rappelant qu’elle était elle-même mère. « Personne ne devrait avoir à vivre cela », a-t-elle déclaré, assurant que le couple ne se déroberait pas.

Ce moment d’émotion n’a pas dissipé les tensions, mais il a constitué une étape importante dans un processus judiciaire particulièrement douloureux. Les familles attendent désormais des réponses précises et des responsabilités clairement établies.
Le départ controversé lors de l’incendie
Autre point central : le fait que Jessica Moretti ait quitté le bar alors que l’incendie gagnait en intensité. Soupçonnée par certains avocats d’avoir fui les lieux, elle a expliqué avoir voulu alerter les secours. « Je voulais appeler les pompiers », a-t-elle affirmé, assurant qu’elle comptait revenir une fois les personnes évacuées.
Elle reconnaît être sortie du bâtiment, mais nuance son geste : « C’était une scène apocalyptique. Je n’ai pas rien fait. » Selon elle, elle n’aurait pas immédiatement perçu l’ampleur du danger, pensant qu’il serait possible de redescendre maîtriser le feu après l’intervention des secours.
Une enquête pour homicide involontaire
À la suite de dysfonctionnements présumés dans les dispositifs de sécurité, Jacques et Jessica Moretti, ainsi que deux autres hommes, sont soupçonnés d’homicide involontaire par négligence. L’instruction devra déterminer si des manquements ont contribué à l’ampleur du sinistre.






