J’ai la bouche sèche la nuit et pâteuse au réveil : quelles sont les causes (et que faire) ?
Se réveiller avec la bouche sèche est une sensation familière pour beaucoup. Cette impression de gorge pâteuse et de langue collée au palais peut sembler anodine.

Pourtant, derrière ce phénomène courant se cachent parfois des causes médicales précises qui méritent attention et, dans certains cas, un véritable suivi. Au petit matin, la sécheresse buccale est le plus souvent liée à un mécanisme physiologique. La production de salive diminue naturellement durant le sommeil, d’autant plus lorsque la respiration se fait par la bouche. Résultat : au réveil, la cavité buccale manque d’humidité et la sensation peut être inconfortable.
Certaines personnes sont davantage concernées. Les seniors, notamment, voient leurs glandes salivaires fonctionner moins efficacement avec l’âge. Ce ralentissement accentue la sécheresse et peut rendre le réveil plus désagréable.
Des pathologies parfois en cause

Dans d’autres situations, la bouche sèche dépasse le simple phénomène nocturne. Le syndrome de Gougerot-Sjögren, maladie auto-immune, entraîne un dysfonctionnement des glandes salivaires et lacrymales, provoquant une sécheresse persistante de la bouche et des yeux.
Chez certaines personnes atteintes, la production de salive devient extrêmement faible, voire quasi inexistante. Cette carence peut compliquer la parole, la mastication et même la déglutition. Des substituts salivaires sous forme de sprays sont alors nécessaires pour maintenir un minimum de confort au quotidien.
Autre trouble évoqué par les spécialistes : la glossodynie, également appelée syndrome de la bouche brûlante. Ce phénomène, souvent observé après la ménopause, se manifeste par des sensations de brûlure sur la langue sans cause organique identifiable. Bien que d’origine somatique, la douleur ressentie est bien réelle et peut être difficile à vivre pour les patientes concernées.
Médicaments et maladies chroniques
La sécheresse buccale peut également être favorisée par certains traitements. Des médicaments courants comme les antihistaminiques, antidépresseurs, diurétiques ou antihypertenseurs sont connus pour réduire le flux salivaire.

Le diabète, certaines maladies neurologiques ou infectieuses, ainsi que les traitements lourds comme la chimiothérapie et la radiothérapie, figurent aussi parmi les facteurs de risque. Le tabac, quant à lui, accentue nettement la sensation d’assèchement et peut aggraver les désagréments.
Des solutions simples au quotidien
Lorsque la bouche sèche n’est pas liée à une pathologie spécifique, des gestes simples peuvent suffire. Boire un grand verre d’eau dès le réveil permet souvent de réhydrater efficacement la cavité buccale.
La mastication de chewing-gums sans sucre constitue également une solution intéressante. En stimulant mécaniquement la bouche, elle envoie un signal au cerveau qui active les glandes salivaires et favorise la production d’amylases, premières enzymes impliquées dans la digestion. Il est recommandé de limiter les boissons riches en caféine — café, thé ou sodas — qui peuvent réduire le flux salivaire. Les aliments très épicés peuvent, eux aussi, accentuer l’inconfort.
Un air trop sec dans la chambre peut aggraver la sensation matinale. L’utilisation d’un humidificateur d’air contribue à maintenir un taux d’humidité favorable pendant la nuit. Le soir, avant le coucher, des gargarismes à base d’eau et d’une cuillère à café de bicarbonate de sodium peuvent aider à neutraliser l’acidité et apaiser la muqueuse buccale.






