Interdite d’entrée au Canada, Rima Hassan dénonce une « tentative de censure »
Un déplacement politique annulé à la dernière minute relance les tensions autour de la liberté d’expression et des positions sur le conflit au Proche-Orient.

Entre décision administrative, accusations croisées et réactions internationales, l’affaire prend une dimension hautement sensible. L’eurodéputée Rima Hassan affirme avoir été empêchée d’entrer au Canada après la révocation de son autorisation de voyage électronique à la veille de son départ. Elle dénonce une “tentative de censure”, alors qu’elle devait participer à deux conférences à l’Université Concordia, à Montréal.
Ces interventions devaient notamment porter sur la liberté d’expression et les mobilisations en soutien au peuple palestinien, dans un contexte international déjà marqué par de fortes tensions.
Une décision administrative contestée

Selon La France insoumise, les autorités canadiennes ont rouvert l’examen du dossier de la députée quelques heures avant son départ. La décision serait liée à des éléments administratifs, notamment l’absence de mention d’un précédent refus d’entrée sur un territoire étranger.
En février 2025, Rima Hassan avait en effet été refoulée à l’entrée d’Israël lors d’un déplacement avec une délégation européenne, un élément qui aurait pesé dans l’évaluation de son dossier.
Des accusations de pressions politiques
Dans un communiqué, La France insoumise évoque des pressions exercées par certaines organisations, accusées d’avoir tenté d’empêcher la venue de l’eurodéputée. Le mouvement dénonce un “lobbying” visant à influencer la décision des autorités canadiennes, alimentant ainsi la controverse.
Ces accusations interviennent dans un climat déjà tendu autour des prises de position publiques de Rima Hassan sur le conflit israélo-palestinien.
Des réactions contrastées au Canada

La décision des autorités canadiennes a suscité des réactions opposées. Certaines organisations, comme CIJA ou B’nai Brith Canada, ont salué cette mesure.
Elles estiment qu’elle permet d’éviter la diffusion de discours jugés problématiques, en lien avec certaines déclarations passées de l’eurodéputée.
À l’inverse, des responsables politiques, notamment au sein du Nouveau Parti démocratique, ont exprimé leurs inquiétudes, évoquant une décision qu’ils jugent préoccupante pour la liberté d’expression.
Un contexte judiciaire sensible
Rima Hassan fait également l’objet de plaintes pour “apologie du terrorisme” à la suite de certaines déclarations controversées. Aucune mise en examen ni condamnation n’a toutefois été prononcée à ce stade, selon son entourage.






