« Incompétent, ignorant… » : François Hollande, 71 ans, ne mâche pas ses mots sur Jordan Bardella
À mesure que l’échéance présidentielle de 2027 se rapproche, le paysage politique français se fragmente et s’agite. Dans ce contexte d’incertitude, certains partis profitent du vide laissé par la fin annoncée du macronisme.

Le Rassemblement national, porté par Jordan Bardella, semble tirer bénéfice de cette recomposition accélérée. Avec le départ programmé d’Emmanuel Macron, la course à l’Élysée est désormais ouverte. Jamais le fauteuil présidentiel n’a suscité autant de convoitises, dans un contexte où l’Assemblée nationale apparaît éclatée et sans majorité claire. Près d’une trentaine de prétendants, issus de tous les courants politiques, multiplient rencontres, prises de parole et stratégies médiatiques pour exister dans un espace saturé.
Le RN s’installe durablement dans l’opinion
Longtemps cantonné à un vote de protestation, le Rassemblement national semble avoir changé de statut. Selon une enquête de l’institut Verian pour Le Monde et L’Hémicycle, publiée le 11 janvier, 42 % des Français déclarent aujourd’hui partager les idées du RN. Un chiffre en hausse spectaculaire de 13 points par rapport à 2022, traduisant une dynamique de fond.
Un parti de moins en moins perçu comme dangereux

Autre enseignement marquant du sondage : 44 % des Français estiment désormais que le RN “ne représente pas un danger”, même si ce chiffre recule légèrement sur trois ans. Cette banalisation progressive nourrit les inquiétudes de ses adversaires, tandis que ses partisans y voient la preuve d’une normalisation réussie. Le RN ne choque plus autant qu’avant, et cette évolution alimente sa progression électorale.
François Hollande pointe un vide politique
Interrogé sur cette dynamique, François Hollande n’a pas mâché ses mots au micro de France Inter. Pour lui, la montée de Jordan Bardella s’explique avant tout par un vide politique, né de la succession des alternances et du long mandat d’Emmanuel Macron. Un espace dans lequel le RN et ses figures ont su s’engouffrer.
Une critique sévère de Jordan Bardella

L’ancien chef de l’État va plus loin en dressant un portrait sans concession du président du RN. François Hollande dénonce une forme de dépolitisation, estimant qu’une partie de ceux qui regardent Jordan Bardella avec bienveillance ignorent l’histoire et les thèses profondes du RN. Selon lui, l’image de jeunesse et de sympathie masque une incompétence et une méconnaissance de la réalité sociale, comparables, à ses yeux, à celles d’Emmanuel Macron en 2017.
« On a déjà essayé l’extrême droite »
François Hollande s’attaque également à l’argument récurrent des soutiens du RN : celui selon lequel la France n’aurait jamais essayé l’extrême droite au pouvoir. Pour l’ancien président, cet argument est fallacieux. Il cite des exemples étrangers qu’il juge éclairants, à commencer par Donald Trump aux États-Unis ou Viktor Orbán en Hongrie.
Un avertissement aux électeurs français
Pour François Hollande, ces expériences illustrent des politiques marquées par la remise en cause des libertés, des alliances controversées et une fragilisation démocratique. Selon lui, la France n’échapperait pas à ces dérives si elle suivait la même voie. Un message d’alerte lancé alors que Jordan Bardella apparaît, pour beaucoup, comme l’un des principaux bénéficiaires du climat politique actuel.






