Incendie dans la forêt de Fontainebleau : un pompier volontaire reconnaît avoir mis le feu à des brindilles
Depuis le dimanche 12 juillet, un important incendie mobilise massivement les secours dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne.

Favorisées par des sols particulièrement secs et le vent, les flammes ont parcouru plus de 2 000 hectares. Parallèlement aux opérations sur le terrain, plusieurs enquêtes ont conduit au placement en garde à vue de six personnes.
La situation reste particulièrement délicate dans la forêt de Fontainebleau. Depuis dimanche, les sapeurs-pompiers tentent de maîtriser un incendie qui n’était toujours pas considéré comme fixé, dans un environnement rendu particulièrement vulnérable par la sécheresse des sols et les conditions venteuses.
Le sinistre a pris une ampleur rarement observée dans cette partie de l’Île-de-France. Plus de 2 000 hectares de végétation ont été parcourus par le feu en seulement deux jours, selon les derniers éléments communiqués par les secours.
Face à l’étendue des zones touchées, d’importants moyens ont été déployés. Les opérations se poursuivent alors que les conditions météorologiques et la sécheresse de la végétation compliquent le travail des équipes engagées sur le terrain.
L’origine des différents départs de feu fait parallèlement l’objet de plusieurs investigations. Dès lundi matin, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que la piste d’un acte volontaire faisait partie des hypothèses examinées.
Les enquêtes menées depuis ont conduit à plusieurs placements en garde à vue. Dans un communiqué publié mardi, la procureure de la République de Fontainebleau, Diane Ngomsik, a annoncé que plusieurs personnes avaient reconnu leur implication dans des départs de feu distincts dans la zone.
Les investigations doivent désormais permettre de déterminer précisément les circonstances de chacun de ces événements et d’établir leur éventuel lien avec les différents secteurs touchés.
Un jeune pompier volontaire reconnaît avoir allumé des brindilles

L’une des enquêtes concerne un départ de feu survenu à Arbonne-la-Forêt, en Seine-et-Marne. Un jeune homme né en 2007 a reconnu avoir mis le feu à des brindilles à l’aide d’un briquet et d’essence, selon les déclarations de la procureure.
Le suspect aurait reconnu les faits après avoir été confronté aux premiers éléments recueillis par les enquêteurs. Il s’agit d’un pompier volontaire à Fontainebleau qui ne présentait jusqu’alors aucun antécédent judiciaire, a précisé le parquet.
L’enquête a été ouverte dans le cadre d’une procédure portant sur la destruction par incendie d’un espace boisé susceptible de causer un dommage aux personnes. Les investigations se poursuivent afin d’établir les circonstances exactes du départ de feu et ses conséquences éventuelles.
Une deuxième personne, également née en 2007 et sans antécédent judiciaire connu, a elle aussi reconnu son implication dans un autre départ de feu. Ce jeune homme affirme avoir accidentellement déclenché un incendie après avoir jeté une cigarette dans le secteur du Grand Parquet, près de la Faisanderie à Fontainebleau.
Selon le parquet, aucun lien n’a pour l’instant été établi entre ces deux personnes. Leurs gardes à vue ont été prolongées afin de permettre aux enquêteurs de poursuivre les vérifications nécessaires.
Les deux situations sont donc examinées séparément, l’une concernant un geste reconnu comme volontaire sur des brindilles et l’autre un départ de feu présenté comme accidentel.
Six personnes au total placées en garde à vue

Les investigations ne se limitent pas à ces deux premiers suspects. Une troisième personne, née en 1975 et jusque-là inconnue de la justice, a également été placée en garde à vue dans le cadre des recherches portant sur des départs de feu repérés lundi 13 juillet.
Le parquet a indiqué que des investigations complémentaires étaient toujours en cours. Les enquêteurs cherchent notamment à reconstituer les circonstances précises des différents départs de feu recensés dans plusieurs secteurs de la forêt et de ses environs.
Une autre garde à vue a été ouverte au commissariat de Fontainebleau concernant le départ de feu signalé à proximité de la Faisanderie. La personne entendue dans cette procédure est un homme né en 2005, déjà connu de la justice pour des faits liés à la circulation routière.

Deux personnes supplémentaires ont par ailleurs été interpellées mardi matin dans le cadre d’une autre enquête. Au total, six personnes se trouvaient donc en garde à vue, dans plusieurs procédures portant sur des départs de feu distincts.
À ce stade, les autorités n’ont pas établi que l’ensemble des personnes entendues seraient liées entre elles ou qu’elles seraient responsables de la totalité des surfaces touchées. Les différentes enquêtes doivent précisément permettre de distinguer les circonstances de chaque départ de feu et d’établir les responsabilités éventuelles.
Les auditions, constatations et analyses se poursuivent donc en parallèle des opérations menées par les secours dans la forêt.
Plus de 2 000 hectares parcourus et près d’un millier de personnes évacuées
Sur le terrain, le bilan est déjà considérable. Plus de 2 000 hectares de forêt ont été parcourus par les flammes en l’espace de deux jours, faisant de cet incendie un événement d’une ampleur exceptionnelle pour la région.
Les autorités ont également procédé à d’importantes évacuations préventives. Près d’un millier de personnes ont dû quitter temporairement les secteurs menacés, afin de garantir leur sécurité face à l’évolution du feu.
Les opérations ont également concerné de nombreux animaux. Des dizaines de chiens et de chevaux ont notamment été déplacés pour être mis à l’abri, alors que les flammes progressaient dans plusieurs secteurs.






