Immigration : Sébastien Lecornu réforme l’Aide médicale d’Etat pour les sans papiers
Deux décrets publiés au Journal officiel, une ligne politique affirmée, et un sujet hautement sensible relancé.

L’exécutif veut à la fois préserver l’Aide médicale d’État et en resserrer les contrôles. Entre lutte contre la fraude, modernisation administrative et critiques politiques, le débat se tend.
Deux textes parus ce dimanche au Journal officiel portent la signature du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Ils visent à renforcer la lutte contre la fraude et à fluidifier l’accès informatique des consulats aux dossiers, sans modifier pour l’instant le « panier de soins » couvert par l’Aide médicale d’État.
L’AME permet aux étrangers en situation irrégulière disposant de faibles ressources d’accéder à des soins pris en charge. Pour le chef du gouvernement, ce dispositif demeure « indispensable d’un point de vue sanitaire », tout en nécessitant des ajustements.
Un premier décret centré sur la fraude et les économies attendues

Le premier texte entend durcir les contrôles sur les dossiers déposés. Le gouvernement évoque des perspectives d’économies pouvant atteindre 180 millions d’euros grâce à un meilleur repérage des situations irrégulières ou abusives.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté affichée de préserver le dispositif tout en réduisant ses failles administratives.
Un second décret pour moderniser les échanges informatiques
Le second décret porte sur la modernisation des systèmes informatiques de l’État. Il doit permettre aux agents, notamment dans les consulats, d’accéder plus facilement aux informations liées aux dossiers. L’objectif est de fluidifier les échanges et de limiter les lenteurs administratives qui compliquent actuellement le suivi des situations.
Cette évolution technique est présentée comme un préalable à toute réforme plus large du dispositif.
Le « panier de soins » maintenu… pour l’instant

Sébastien Lecornu n’exclut pas une révision future des prestations couvertes par l’AME, mais reconnaît que « les choses ne sont pas prêtes » à ce stade. Le contenu des soins pris en charge reste donc inchangé, malgré les débats récurrents autour de cette question.
Cette prudence illustre la sensibilité politique et sanitaire du sujet.
Des critiques immédiates de Marine Le Pen
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a vivement réagi sur X, accusant le Premier ministre de renforcer un « facteur d’attractivité migratoire » en refusant de remettre en cause l’AME. Elle met en parallèle ce dispositif avec l’augmentation du reste à charge pour les Français, nourrissant un débat déjà très clivant.
Ces critiques rappellent combien la question de l’AME dépasse le seul cadre sanitaire pour devenir un enjeu politique majeur.
L’intelligence artificielle testée pour les titres de séjour
Parallèlement, le Premier ministre a annoncé le développement d’une application d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des demandes de titres de séjour. Ce projet, confié notamment aux ministres Laurent Nuñez et David Amiel, sera expérimenté dans cinq préfectures pilotes en 2026.






