« Il y a le feu, il y a des blessés »: les enregistrements des appels au secours la nuit de l’incendie de Crans-Montana
Près d’un mois après l’incendie dramatique du bar Le Constellation à Crans-Montana, de nouveaux éléments viennent éclairer la nuit du drame.

BFMTV a pu consulter les enregistrements des appels passés au 144, le numéro d’urgence suisse. Des échanges bouleversants qui restituent, minute après minute, la sidération, la panique et l’ampleur de la catastrophe.
Au total, 171 appels ont été enregistrés en une heure et demie, dès les premières minutes suivant le départ de l’incendie, aux alentours d’1 heure du matin. Les premières voix, déjà, traduisent une urgence absolue.
« Il faut venir tout de suite, il y a le feu au Constellation », lance un témoin, tandis que des cris retentissent en arrière-plan. D’autres appels suivent, de plus en plus paniqués, évoquant des blessés nombreux et une situation qui semble rapidement échapper à tout contrôle.
Les interlocuteurs, parfois confus, décrivent une scène chaotique, où la peur domine chaque mot. « J’ai brûlé… je crois que mes amis sont restés dedans », confie l’un d’eux, cherchant à alerter sur la gravité de la situation.
Les secours face à une situation hors norme

Très vite, les premiers intervenants arrivent sur place et prennent la mesure de la catastrophe. L’un d’eux contacte le standard pour dresser un premier bilan : plusieurs victimes gravement touchées.
Au fil des minutes, le 144 coordonne les échanges entre le terrain et les structures hospitalières. Une médecin du centre d’appels prévient un urgentiste : « Nous avons une explosion… plusieurs victimes graves ». La réponse tombe immédiatement : le « plan catastrophe » est déclenché.
Cette procédure exceptionnelle permet de mobiliser en urgence des moyens supplémentaires, des équipes médicales et des capacités hospitalières renforcées.
Des témoins qui implorent plus de moyens

Pendant que les secours s’organisent, les appels de témoins continuent d’affluer, réclamant davantage d’ambulances, voire des hélicoptères. Tous réalisent progressivement l’ampleur du sinistre.
Certains décrivent des scènes extrêmement difficiles, tentant de faire comprendre aux opérateurs la gravité des blessures observées autour d’eux.
Parallèlement, les familles apprennent l’existence de l’incendie et cherchent désespérément des nouvelles. Au téléphone, les standardistes doivent répondre avec prudence, faute d’informations précises.
« Notre fille était là-bas, est-ce que vous savez si elle est prise en charge ? », demande un père. En retour, une réponse mesurée, empreinte d’impuissance : les opérateurs ne disposent pas encore des identités ni des localisations des victimes.
L’incendie du Constellation a causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés. Ces enregistrements, aujourd’hui révélés, permettent de comprendre la violence de l’événement et la pression extrême qui a pesé sur les témoins comme sur les secours durant cette nuit tragique.






