Geler les retraites de plus de 3.000 euros? L’idée du ministre du Pouvoir d’achat pour faire des économies
Lors d’une intervention radiophonique, Serge Papin a évoqué la possibilité de modifier les règles de revalorisation de certaines pensions de retraite afin de financer un allègement des prélèvements pesant sur les jeunes actifs.

Une piste qui, pour l’heure, n’en est qu’au stade de la réflexion mais qui relance les discussions sur l’équilibre entre les générations. Invité à s’exprimer sur les solutions susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat des Français, Serge Papin a avancé une idée qu’il présente comme une forme de « solidarité transgénérationnelle ».
Selon le ministre, les jeunes actifs supportent aujourd’hui une charge particulièrement importante, confrontés à la fois à un contexte économique parfois difficile et au financement d’un système de retraite qui devra prendre en charge un nombre croissant de retraités dans les années à venir.
Âgé de 70 ans, Serge Papin estime que sa génération a bénéficié de conditions économiques plus favorables et considère qu’une réflexion mérite d’être engagée afin de mieux répartir les efforts entre les différentes catégories de population.
Une remise en question de l’indexation automatique des pensions

Le ministre propose ainsi d’étudier la possibilité de ne plus appliquer systématiquement les revalorisations annuelles de retraite à certaines pensions.
Actuellement, les retraites du régime général sont régulièrement revalorisées afin de suivre l’évolution du coût de la vie, permettant aux retraités de préserver leur pouvoir d’achat face à l’inflation.
Serge Papin estime toutefois qu’une partie de ces augmentations bénéficie à des ménages disposant déjà d’un niveau de revenu confortable. Selon lui, les sommes dégagées pourraient être utilisées autrement afin de soutenir davantage les actifs les plus jeunes.
Cette réflexion rappelle d’ailleurs certaines discussions menées lors de l’élaboration des précédents budgets, notamment autour d’un éventuel gel temporaire des pensions, finalement abandonné après les débats parlementaires.
Les retraites les plus élevées seraient concernées

Le ministre précise qu’il ne souhaite pas remettre en cause les pensions modestes. Son projet viserait uniquement les retraités percevant les revenus les plus élevés.
À ses yeux, une pension supérieure à 3 000 euros mensuels pourrait constituer le seuil à partir duquel les revalorisations automatiques ne seraient plus appliquées.
Cette distinction permettrait, selon lui, de préserver les retraités les plus fragiles tout en sollicitant davantage ceux disposant d’un niveau de vie plus confortable. Toutefois, aucune mesure concrète n’a été présentée à ce stade et aucun dispositif officiel n’est actuellement à l’étude au Parlement.
Une baisse de la CSG pour les jeunes actifs en contrepartie
L’objectif affiché par Serge Papin serait d’utiliser les économies réalisées pour augmenter le revenu disponible des jeunes travailleurs.
Le ministre évoque notamment une diminution, voire une suppression partielle de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour certaines catégories d’actifs, ce qui aurait pour effet d’accroître leur salaire net.
De nombreuses questions restent néanmoins en suspens. Il faudrait notamment définir précisément les critères permettant de déterminer qui pourrait bénéficier d’un tel dispositif, ainsi que son coût réel pour les finances publiques.






