Empêchés d’aller travailler à cause des incendies, ces salariés devront malgré tout rattraper leurs heures
Alors que les incendies historiques qui ont frappé la Gironde ont bouleversé le quotidien de milliers d’habitants, une nouvelle polémique touche désormais La Poste. Des salariés contraints de quitter leur domicile ou empêchés de travailler dénoncent les conditions imposées pour compenser leurs journées d’absence.
Les gigantesques incendies qui ont ravagé la Gironde ont profondément désorganisé l’activité de La Poste. Face à la progression des flammes et aux mesures de sécurité, une vingtaine de bureaux de poste ont dû fermer temporairement leurs portes.
La plateforme industrielle de Cestas, chargée du tri du courrier pour dix départements du Sud-Ouest, a également cessé son activité pendant plusieurs jours. Cette interruption a entraîné l’immobilisation d’environ 700 000 plis, provoquant d’importants retards dans la distribution du courrier.
Pour de nombreux agents, l’impossibilité d’accéder à leur lieu de travail résultait directement des fermetures décidées dans le cadre de la gestion de la crise.
Les salariés invités à récupérer leurs heures ou à poser des congés
La situation a rapidement provoqué la colère des organisations syndicales. Selon plusieurs représentants du personnel, les agents dont le bureau est resté fermé devront récupérer les heures non travaillées, dans la limite d’une heure supplémentaire par jour.
La CGT dénonce une mesure qu’elle juge injuste, estimant que ces heures de récupération ne seraient pas rémunérées comme des heures supplémentaires, alors même que les salariés n’étaient pas responsables de cette interruption d’activité.
La situation est encore plus délicate pour les postiers ayant dû évacuer leur domicile en raison des incendies ou des fumées. Dans plusieurs cas, il leur aurait été demandé de poser des jours de congé pour couvrir leur absence, faute de pouvoir rejoindre leur lieu de travail.
Des salariés évacués qui dénoncent une « double peine »
Plusieurs agents concernés estiment subir les conséquences de la catastrophe à deux niveaux. Après avoir quitté leur logement dans l’urgence ou trouvé refuge auprès de proches, ils découvrent qu’ils devront également utiliser leurs congés ou récupérer leurs heures.
Certains témoignages font état de familles hébergées dans des gymnases, des salles communales ou chez des proches, alors que les autorités interdisaient encore le retour dans les zones évacuées.
Les représentants syndicaux dénoncent un manque d’empathie envers des salariés déjà éprouvés par la catastrophe, rappelant que beaucoup d’entre eux ont été directement touchés par les évacuations ou exposés aux importantes fumées dégagées par les incendies.
La Poste défend sa gestion de la crise
De son côté, La Poste assure que chaque dossier est étudié individuellement. L’entreprise explique que lorsque les évacuations ou les restrictions de circulation empêchent effectivement un agent de travailler et qu’aucune solution alternative n’est possible, la rémunération est maintenue malgré la suspension temporaire de l’activité.
Les syndicats réclament néanmoins la mise en place d’autorisations spéciales d’absence (ASA), un dispositif qui permettrait aux salariés concernés de ne pas avoir à récupérer leurs heures ni à utiliser leurs congés.









