Dominique de Villepin visé par une enquête du parquet financier concernant l’affaire des statuettes
Une nouvelle affaire judiciaire touche une figure majeure de la vie politique française.

Dominique de Villepin fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier après l’acceptation de plusieurs cadeaux de grande valeur lorsqu’il occupait les fonctions de ministre des Affaires étrangères au début des années 2000.
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin est désormais dans le viseur du Parquet national financier. Ce mercredi 20 mai, l’institution judiciaire a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire concernant les conditions dans lesquelles deux œuvres auraient été offertes à l’ancien ministre des Affaires étrangères lorsqu’il dirigeait le Quai d’Orsay entre 2002 et 2004.
Dans un communiqué officiel, le PNF précise que l’enquête a été ouverte le 19 mai 2026 pour des faits qualifiés de « recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes ». Les investigations portent plus précisément sur une statuette et un buste qui auraient été remis à Dominique de Villepin durant son passage au gouvernement avant d’être conservés par ce dernier pendant plusieurs années.
Cette affaire intervient dans un contexte politique sensible alors que l’ancien chef du gouvernement apparaît régulièrement dans les débats publics et continue d’être cité parmi les personnalités susceptibles de jouer un rôle dans la prochaine élection présidentielle.
Les révélations de Robert Bourgi relancent l’affaire

L’origine de cette procédure remonte aux déclarations du lobbyiste Robert Bourgi dans l’émission Complément d’Enquête diffusée sur France Télévisions le 30 avril dernier. Figure connue des réseaux de la Françafrique, Robert Bourgi a affirmé avoir servi d’intermédiaire dans l’acquisition de deux statuettes de Napoléon destinées à Dominique de Villepin.
Selon ses déclarations, ces objets auraient été financés par Blaise Compaoré ainsi que par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Robert Bourgi a évoqué des montants particulièrement élevés, affirmant que les deux œuvres auraient coûté respectivement 75.000 euros et 50.000 euros, soit une valeur totale estimée à 125.000 euros.
L’entourage de Dominique de Villepin conteste toutefois cette estimation. Ses proches assurent que la valeur réelle des statuettes serait largement inférieure, évoquant un prix « quatre à cinq fois » moins important que celui avancé publiquement dans l’émission.
Ces révélations ont rapidement suscité des interrogations sur les pratiques entourant les cadeaux diplomatiques reçus par des responsables politiques français au cours des années 2000, à une période où les règles encadrant ces situations étaient moins strictes qu’aujourd’hui.
Dominique de Villepin reconnaît « une erreur »

Invité sur France Inter le 10 mai dernier, Dominique de Villepin a reconnu avoir commis une faute en acceptant ces présents. L’ancien Premier ministre a admis qu’il n’aurait pas dû conserver ces objets, précisant qu’ils avaient depuis été restitués.
« C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter », a-t-il déclaré publiquement. Il a néanmoins insisté sur le fait qu’à l’époque des faits, aucun dispositif précis n’encadrait réellement ce type de cadeaux diplomatiques au sein des institutions françaises.
Dominique de Villepin a également rejeté toute idée de contrepartie politique ou personnelle liée à ces présents. Selon lui, les relations avec Robert Bourgi se seraient rapidement détériorées après cette période. L’ancien ministre a rappelé que le lobbyiste avait été progressivement écarté des affaires publiques par lui-même ainsi que par Jacques Chirac aux alentours de 2004 et 2005.
Cette ligne de défense vise à démontrer qu’aucun lien d’influence durable ne se serait développé autour de ces cadeaux diplomatiques.
Une affaire qui ravive les tensions politiques

Dans ses déclarations récentes, Dominique de Villepin a également évoqué un contexte politique qu’il estime hostile. L’ancien Premier ministre a suggéré que les révélations de Robert Bourgi pourraient être liées aux difficultés judiciaires rencontrées actuellement dans le cadre de l’affaire libyenne impliquant Nicolas Sarkozy.
Selon lui, les accusations relayées ces dernières semaines participeraient d’une « volonté de nuire ». Il a également rappelé la proximité historique entre Robert Bourgi et Nicolas Sarkozy, soulignant une relation d’amitié de longue date entre les deux hommes.
Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate de l’entourage de Nicolas Sarkozy. Auprès de l’AFP, ses proches ont dénoncé des accusations jugées « ridicules » et « totalement déplacées ». Cette nouvelle polémique ravive ainsi les rivalités anciennes entre plusieurs figures majeures de la droite française, dans un climat déjà marqué par plusieurs dossiers judiciaires sensibles.






