Dominique compare Jordan Bardella à un pilote sans expérience de Villepin
La sortie n’est pas passée inaperçue. Invité d’un débat politique très suivi, Dominique de Villepin a livré une critique cinglante à l’encontre de Jordan Bardella, utilisant une métaphore saisissante pour interroger la question de l’expérience au sommet de l’État.

Une prise de position qui relance le débat sur la légitimité et la préparation des figures montantes de la vie politique française. Invité de BFM Politique, Dominique de Villepin n’a pas mâché ses mots. Interrogé sur la comparaison récemment établie entre Jordan Bardella et Jacques Chirac, l’ancien Premier ministre a répondu par une image frappante : « Est-ce que vous monteriez dans un A380 avec, à sa tête, un pilote qui aurait zéro heure de vol au compteur ? » Une formule qui résume, selon lui, l’enjeu central de la fonction présidentielle : l’expérience.
Une réponse indirecte à Nicolas Sarkozy
Cette sortie visait clairement à répondre aux propos de Nicolas Sarkozy, qui avait récemment comparé Jordan Bardella à Jacques Chirac, soulignant chez le jeune dirigeant du Rassemblement national une forme de popularité et de proximité avec les Français. Dominique de Villepin conteste frontalement cette analogie, rappelant que Chirac s’était construit sur plusieurs décennies de mandats, de responsabilités ministérielles et d’épreuves politiques avant d’accéder à l’Élysée.
La présidence, une fonction qui ne s’improvise pas

Pour l’ancien chef du gouvernement, diriger la France ne peut se réduire à une question de communication ou de popularité. Il insiste sur la complexité du rôle présidentiel, qui exige une connaissance fine des institutions, des relations internationales et des crises majeures. La métaphore aéronautique vise à souligner les risques d’un pouvoir confié à un responsable jugé trop novice, dans un contexte mondial instable où chaque décision peut avoir des conséquences durables.
Une critique au-delà des clivages partisans
Si Dominique de Villepin ne cite jamais explicitement le programme du Rassemblement national, sa critique dépasse le simple cadre idéologique. Il s’attaque à ce qu’il considère comme une tendance inquiétante de la vie politique contemporaine : la valorisation de profils jeunes et médiatiques au détriment de l’expérience de terrain. Selon lui, l’exercice du pouvoir suprême nécessite du temps, des échecs, des apprentissages, autant d’éléments qu’il juge indispensables avant de prétendre à la magistrature suprême.
Un débat relancé sur la préparation des leaders

Les propos de Dominique de Villepin ont immédiatement suscité de nombreuses réactions, tant chez les soutiens de Jordan Bardella que parmi ses détracteurs. Ils ravivent une question centrale à l’approche des prochaines échéances électorales : faut-il privilégier le renouvellement générationnel à tout prix, ou exiger une longue maturation politique pour accéder aux plus hautes fonctions ? En posant cette question de manière aussi directe, l’ancien Premier ministre a replacé l’expérience au cœur du débat démocratique.






