Deux chasseurs condamnés après avoir s’être pris à un cerf sur la propriété de Luc Besson
La scène avait choqué bien au-delà du monde cynégétique. Un cerf abattu au couteau sur une terrasse privée, sous l’œil d’une habitante âgée, avait suscité une vive émotion.

Le tribunal a tranché : les deux chasseurs impliqués ont été reconnus coupables et lourdement sanctionnés, dans une affaire devenue emblématique des dérives de la chasse. Les faits remontent au 21 février 2025, sur la commune de Cisai-Saint-Aubin, dans l’Orne. Ce jour-là, deux chasseurs participaient à une battue lorsqu’ils ont pénétré sans autorisation sur la propriété du réalisateur Luc Besson. Poursuivi par une meute de chiens, un cerf affolé s’est réfugié jusque sur la terrasse de la maison, transformant un espace privé en théâtre d’une scène d’une rare brutalité.
Un cerf achevé au couteau sous les yeux d’une octogénaire
Arrivés sur les lieux, les deux hommes n’ont pas interrompu la chasse. L’un d’eux a maintenu l’animal par les bois pendant que l’autre le poignardait à la dague. La mère du cinéaste, âgée de 85 ans, a assisté à toute la scène, allant jusqu’à la filmer, sidérée, avant que les chasseurs n’abandonnent le cerf mort sur la terrasse, sans un mot ni la moindre explication.
Des infractions pénales clairement établies

Mardi, le tribunal a reconnu les deux pères de famille coupables de « chasse non autorisée sur le terrain d’autrui » et de « chasse à l’aide d’un moyen prohibé ». Les magistrats ont estimé que rien ne justifiait une telle intervention, rejetant l’argument avancé par les prévenus selon lequel ils auraient seulement abrégé les souffrances de l’animal.
Une décision ferme et pédagogique
La juridiction a prononcé plusieurs sanctions : un stage obligatoire de sensibilisation à la réglementation et à la sécurité de la chasse, organisé par l’Office français de la biodiversité, ainsi que le retrait du permis de chasse pour une durée d’un an, avec exécution immédiate. Un message clair destiné à rappeler les règles fondamentales de la pratique cynégétique.
Amendes et réparations financières

Les deux hommes ont également été condamnés à une amende de 600 euros, doublée pour celui ayant porté le coup fatal. À cela s’ajoutent 3.000 euros de dommages et intérêts versés solidairement aux parties civiles, dont les associations Association Stéphane Lamart et ASPAS. Luc Besson et sa mère ont, de leur côté, obtenu l’euro symbolique qu’ils réclamaient, un geste davantage moral que financier.
Le tribunal démonte la version des chasseurs
Dans sa motivation, le tribunal a été catégorique : le cerf n’était pas mortellement blessé avant d’arriver sur la terrasse. Les chasseurs auraient dû rappeler les chiens, sécuriser les lieux et contacter les autorités compétentes, notamment l’OFB, afin d’éviter tout danger pour l’habitante et pour l’animal.
La réaction indignée de Luc Besson
Sur le réseau X, le réalisateur s’est félicité de la décision de justice, espérant qu’elle « fera réfléchir » les deux hommes. Il a dénoncé un geste d’une cruauté injustifiable, rappelant que le cerf avait trouvé refuge dans son jardin précisément parce qu’il s’y sentait en sécurité. Lors de l’audience, le 9 décembre 2025, il avait déjà fustigé un acte commis « comme des sauvages », pointant une violation flagrante des règles de sécurité.






