Décès de Michel Dejeneffe : le marionnettiste belge, père de Tatayet, nous a quitté à 77 ans
Figure familière de la télévision belge et française pendant plusieurs décennies, Michel Dejeneffe est décédé le 7 août à l’âge de 77 ans. Le ventriloque restera associé à Tatayet, sa célèbre marionnette au caractère espiègle qui avait conquis plusieurs générations de téléspectateurs.
Michel Dejeneffe, le créateur de Tatayet, est décédé à 77 ans

Michel Dejeneffe s’est éteint le vendredi 7 août 2026 à l’âge de 77 ans, dans la région de Saint-Étienne, où il vivait depuis plusieurs années. Le marionnettiste et ventriloque belge laisse derrière lui une fille ainsi que sa compagne.
Selon plusieurs médias belges s’appuyant sur les témoignages de ses proches, l’artiste est décédé après une période éprouvante passée en soins palliatifs. Sa disparition marque celle d’un visage emblématique du divertissement télévisé des années 1980 et 1990.
Durant plus de quatre décennies, Michel Dejeneffe avait formé avec Tatayet un duo particulièrement populaire, aussi bien en Belgique qu’en France. Avec sa fourrure marron, sa voix immédiatement reconnaissable et son tempérament malicieux, la marionnette avait fini par devenir presque aussi célèbre, sinon davantage, que celui qui lui donnait vie.
Un simple morceau de fourrure à l’origine de Tatayet

Né le 10 décembre 1948 à Namur, Michel Dejeneffe ne s’était pas immédiatement destiné à la ventriloquie. Il s’était d’abord orienté vers l’enseignement avant de se rapprocher progressivement du théâtre, qui constituait l’une de ses grandes passions.
En 1975, il crée une petite compagnie théâtrale et commence à se produire dans différents établissements, notamment dans des maisons de retraite. C’est au cours de cette période que se produit la rencontre inattendue qui donnera naissance à son personnage le plus célèbre.
Lors d’une représentation, une résidente lui offre un ancien col de fourrure que Michel Dejeneffe conserve quelque temps sans réellement savoir quoi en faire. Il décide finalement de transformer cette pièce de tissu en marionnette. Tatayet venait de naître.
Le nom du personnage trouve également son origine dans une histoire personnelle. Une petite fille de son entourage aurait eu l’habitude de prononcer « Tatayet » lorsqu’elle voulait dire « Tante Henriette », une sonorité que l’artiste choisira finalement pour baptiser sa création.
Tatayet développe rapidement une personnalité bien définie : une voix aiguë, un humour volontiers impertinent et une grande liberté de parole. Grâce à son personnage, Michel Dejeneffe pouvait multiplier les plaisanteries et les remarques décalées tout en restant lui-même plus en retrait.
De la Belgique aux grandes émissions de télévision françaises

À partir de la fin des années 1970, Michel Dejeneffe commence à se produire à Paris, notamment dans des cabarets. Sa notoriété grandit progressivement et le duo qu’il forme avec Tatayet finit par attirer l’attention de la télévision française.
La marionnette apparaît notamment dans « Champs-Élysées » aux côtés de Michel Drucker, mais aussi dans plusieurs programmes présentés par Patrick Sébastien. Michel Dejeneffe et son personnage participent également à différentes séquences humoristiques et caméras cachées.
C’est toutefois en Belgique que Tatayet devient un véritable phénomène télévisuel. Sur la RTBF, le Tatayet Show, diffusé entre 1986 et 1992, rencontre un important succès. Le personnage apparaît également dans Bon Week-end, renforçant encore sa popularité auprès du public belge.
Cette notoriété dépasse rapidement le cadre du petit écran. Tatayet se retrouve sur scène, dans des bandes dessinées et sur plusieurs disques. Parmi les chansons associées au personnage figure notamment Tous au cimetière, sortie en 1986.
Une retraite consacrée à la transmission de son métier

Michel Dejeneffe a continué à faire vivre Tatayet pendant plus de quarante ans, traversant les générations et multipliant les apparitions devant le public avant de décider de mettre progressivement fin à sa carrière.
En 2017, le ventriloque choisit de se retirer de la scène, expliquant que cette discipline était devenue physiquement trop exigeante. Manipuler une marionnette tout en lui donnant une voix et une personnalité pendant de longues représentations nécessitait en effet un effort qu’il ne souhaitait plus imposer à son corps.
Son retrait ne signifiait toutefois pas un abandon complet de son univers artistique. Michel Dejeneffe souhaitait transmettre son expérience et accompagner de nouveaux artistes désireux d’apprendre les techniques de la ventriloquie.
Quant à Tatayet, la marionnette qui l’avait accompagné durant l’essentiel de sa carrière, elle avait été soigneusement conservée dans sa valise au domicile de son créateur, après plusieurs décennies passées sur les scènes et les plateaux de télévision.






