« De graves manquements déontologiques » : Rima Hassan saisit le Défenseur des droits après sa garde à vue
L’eurodéputée Rima Hassan conteste les conditions de sa garde à vue survenue début avril.

À travers une plainte et une saisine du Défenseur des droits, l’élue dénonce plusieurs irrégularités dans le déroulement de la procédure, sur fond de polémique médiatique et judiciaire.
L’eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan a saisi le Défenseur des droits afin de dénoncer ce qu’elle qualifie de « graves manquements déontologiques » lors de sa garde à vue, intervenue au début du mois d’avril. Cette démarche s’ajoute à une plainte déjà déposée le 8 avril.
L’élue franco-palestinienne avait été convoquée puis placée en garde à vue le 2 avril, dans le cadre d’une enquête liée à une publication sur le réseau social X, depuis supprimée. À l’issue de cette procédure, le parquet avait indiqué qu’elle ferait l’objet de poursuites pour apologie du terrorisme.
Une affaire marquée par des éléments médiatiques contestés

Durant cette garde à vue, des informations relayées dans la presse ont évoqué la présence supposée de stupéfiants dans les effets personnels de l’élue, suscitant une vive attention médiatique. Toutefois, ces éléments ont été par la suite infirmés par l’enquête, qui a conduit au classement sans suite du volet relatif à une éventuelle détention de drogue.
Selon l’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, les circonstances entourant cette affaire nécessitent un examen approfondi, en raison de la gravité des faits allégués concernant le déroulement de la procédure.
Des pratiques policières mises en cause
La défense de l’eurodéputée évoque plusieurs points de contestation. Elle dénonce notamment un placement en cellule jugé injustifié, ainsi que des recherches de géolocalisation considérées comme disproportionnées sur une période de plusieurs mois.
Par ailleurs, des interrogations portant sur la pratique religieuse de l’élue et son rapport aux valeurs de la République sont également pointées du doigt, la défense estimant que ces éléments n’étaient pas pertinents dans le cadre de l’enquête.

La question des informations relatives à une substance interdite
Parmi les éléments soulevés, la diffusion d’informations concernant la présence supposée de 3-MMC, une drogue de synthèse, constitue un point central de la contestation. Ces affirmations, relayées pendant la garde à vue, ont été évoquées dans plusieurs médias.
La défense demande ainsi au Défenseur des droits de se pencher spécifiquement sur ce point, considérant que la diffusion de ces informations, avant toute confirmation judiciaire, pose question quant au respect des règles encadrant la procédure.
Une procédure désormais entre les mains des autorités compétentes
L’affaire se poursuit désormais sur le terrain judiciaire et institutionnel. La saisine du Défenseur des droits vise à obtenir une évaluation indépendante des conditions dans lesquelles la garde à vue s’est déroulée, tandis que la plainte déposée suit son cours.






