Crans-Montana : « Il nous forçait à… », le gérant du Constellation rattrapé par des témoignages à charge
Le drame survenu lors de la nuit du Nouvel An à Crans-Montana continue de bouleverser la Suisse et la France. Tandis que les familles endeuillées cherchent des réponses, l’enquête progresse et met en lumière des dysfonctionnements graves.

Au cœur de la tourmente, le gérant du Constellation pourrait bientôt quitter la détention, sur fond de témoignages de plus en plus accablants. Dans la nuit du réveillon, le bar Le Constellation, situé dans la station huppée de Crans-Montana, a été ravagé par un incendie d’une violence extrême. Le bilan est lourd : 116 blessés et près de quarante morts, en majorité de jeunes adultes venus célébrer le passage à la nouvelle année. Très vite, la question des responsabilités s’est imposée, tant les conditions de sécurité semblent avoir joué un rôle central dans l’ampleur du drame.
Jacques Moretti bientôt libéré sous conditions ?

Propriétaire et gérant de l’établissement avec son épouse, Jacques Moretti a été placé en détention provisoire pour une durée de trois mois. Selon BFMTV, cette incarcération pourrait être levée moyennant le versement d’une caution. Sa compagne et associée, Jessica Moretti, reste quant à elle libre. Le couple est soupçonné d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence, des qualifications pénales lourdes au regard du nombre de victimes.
Les premières investigations convergent vers un scénario particulièrement inquiétant. Des bougies dites “étincelantes” auraient enflammé la mousse acoustique du plafond, située dans le sous-sol du bar. L’embrasement, décrit comme fulgurant, aurait provoqué un effet de piège, empêchant toute évacuation rapide. Plusieurs victimes seraient mortes dans l’escalier principal, qu’elles tentaient d’emprunter pour fuir, selon des informations relayées notamment par la presse italienne et reprises en France.
Une issue principale rétrécie et des travaux questionnés
L’enquête s’intéresse également à la configuration des lieux. Des archives de 2015 montrent que l’escalier principal aurait été rétréci, passant d’environ trois mètres à un mètre de largeur. Ce passage, qui servait aussi d’accès majeur au bar, aurait cédé sous le poids de la foule paniquée. Les enquêteurs cherchent désormais à établir la conformité des travaux réalisés par Jacques Moretti, dont le passé judiciaire en France fait également l’objet d’une attention particulière.

Auditionné par le ministère public du Valais, Jacques Moretti aurait reconnu qu’une porte de service était verrouillée de l’intérieur par un loquet. Selon lui, cette porte n’était pas signalée comme sortie de secours. Ces déclarations font écho à plusieurs témoignages concordants, notamment celui d’un ancien salarié diffusé dans un journal télévisé de TF1, affirmant que cette issue était inutilisable et inaccessible.
Des récits glaçants de proches de victimes
La tante d’une serveuse française décédée dans l’incendie a confié à RTL que le corps de sa nièce aurait été retrouvé derrière une porte de secours bloquée. « C’est inhumain, elle aurait pu être sauvée », a-t-elle déclaré. Ces témoignages alimentent l’hypothèse d’un grave manquement aux règles de sécurité, susceptible d’avoir coûté la vie à plusieurs personnes.
D’autres révélations viennent alourdir le dossier. Selon TF1 Info, un ancien employé accuse Jacques Moretti de privilégier systématiquement le profit au détriment de la loi. Jus périmés utilisés dans les cocktails, alcools forts servis à des mineurs : autant de pratiques dénoncées par ce témoin, qui décrit un gérant obsédé par la rentabilité. Un nouveau récit qui renforce l’image d’une gestion jugée irresponsable, aux conséquences aujourd’hui dramatiques.






