Cette île grecque est à vendre pour seulement 247.000 €, elle était estimée à 8 millions € en 2022
L’île grecque de Makri, située au cœur de la mer Ionienne, semblait autrefois incarner le rêve ultime des investisseurs fortunés en quête d’exclusivité.

Pourtant, derrière ses paysages méditerranéens préservés, cette propriété insulaire s’est progressivement transformée en casse-tête administratif et environnemental, provoquant une chute spectaculaire de sa valeur.
Pendant des années, posséder une île privée a symbolisé un luxe réservé à une élite internationale, à l’image de certaines célébrités ou grands entrepreneurs ayant acquis des territoires isolés dans des destinations paradisiaques. L’île de Makri, en Grèce, s’inscrivait pleinement dans cette tendance.
Située dans l’archipel des Échinades, au large de Céphalonie et à proximité d’Ithaque, cette île inhabitée de près de 98 hectares bénéficie d’un emplacement particulièrement recherché. Son littoral s’étend sur plus de sept kilomètres et ses reliefs boisés offrent un cadre naturel rare dans la mer Ionienne. Sa proximité avec des destinations touristiques majeures comme Corfou ou Zante renforçait encore son attractivité auprès des investisseurs internationaux.
Au début des années 2020, le marché des îles privées connaissait un véritable essor, notamment après la pandémie, période durant laquelle la demande pour des lieux isolés, autonomes et discrets avait fortement augmenté. Dans ce contexte, Makri était présentée comme un actif immobilier d’exception susceptible d’accueillir un complexe hôtelier haut de gamme ou un projet touristique exclusif.
Des contraintes environnementales qui ont bouleversé le projet

L’avenir prometteur imaginé pour Makri s’est toutefois rapidement assombri. Une première vente aux enchères devait initialement avoir lieu en juillet 2022 avec un prix de départ fixé à huit millions d’euros, sur la base d’une expertise réalisée quelques mois plus tôt. Cette estimation reposait alors sur l’idée qu’une partie importante de l’île pourrait être exploitée et aménagée malgré certaines restrictions côtières.
Mais une nouvelle étude a profondément modifié la situation. Les experts ont mis en évidence des limitations environnementales bien plus importantes qu’anticipé, changeant totalement la valeur potentielle du site. L’île est en effet classée comme forêt privée et intégrée à des zones naturelles protégées soumises aux réglementations européennes. Ces statuts rendent les possibilités de construction extrêmement réduites.
Les projets immobiliers ambitieux envisagés au départ sont donc devenus quasiment irréalisables. Les complexes touristiques d’envergure ne peuvent pas voir le jour et les usages autorisés restent limités à certaines activités à faible impact écologique, comme l’agriculture, le pâturage ou quelques installations légères respectant des normes environnementales strictes.
Une chute spectaculaire de la valeur du bien

À mesure que ces contraintes se confirmaient, la valeur de Makri s’est effondrée de manière spectaculaire. Quelques mois seulement après la première estimation à huit millions d’euros, une nouvelle vente affichait déjà un prix de départ réduit à 296.000 euros. Depuis, plusieurs procédures judiciaires et saisies liées à des dettes relativement modestes sont venues compliquer davantage le dossier.
La prochaine mise aux enchères, prévue pour novembre 2026, fixe désormais le seuil minimal à seulement 247.000 euros. Une somme dérisoire comparée aux ambitions initiales autour de cette île méditerranéenne autrefois considérée comme un joyau immobilier.
Sur place, les infrastructures quasi inexistantes expliquent également cette forte dévalorisation. L’île ne dispose ni de véritables équipements portuaires ni de réseaux modernes d’électricité ou d’eau. Les rares constructions présentes se limitent à une petite maison en ruine, une citerne et une chapelle abandonnée. Loin des images luxueuses associées aux îles privées des Cyclades ou des Caraïbes, Makri apparaît aujourd’hui comme un territoire sauvage difficilement exploitable économiquement.
Le marché des îles privées confronté à de nouvelles réalités
Le cas de Makri illustre une évolution plus large du marché mondial des îles privées. Depuis plusieurs années, de riches investisseurs recherchent des espaces isolés permettant de conjuguer discrétion, sécurité et retour à la nature. Les notions de « digital detox » et de déconnexion totale sont devenues des arguments très prisés dans le secteur du luxe expérientiel.
Des plateformes spécialisées continuent ainsi de proposer des propriétés insulaires à des prix particulièrement élevés, qu’il s’agisse de terrains sauvages en Scandinavie ou de domaines luxueux aux Bahamas comprenant villas et installations haut de gamme. Malgré cet engouement, les réglementations environnementales se renforcent progressivement dans plusieurs régions du monde, notamment autour de la Méditerranée.






