« C’était une erreur » : Shein au BHV Marais, c’est fini
Après plusieurs mois marqués par des difficultés financières, des tensions avec certains fournisseurs et une baisse de fréquentation, l’enseigne emblématique du centre de Paris change de direction.

Cette transition s’accompagne d’un ambitieux projet de relance dont l’une des premières mesures symboliques sera la fin du partenariat avec la marque Shein. Une nouvelle étape s’ouvre pour le BHV Marais. La Société des grands magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, a décidé de céder le fonds de commerce du magasin parisien ainsi que celui de Parly 2 à Karl-Stéphane Cottendin, jusqu’ici directeur général du groupe et de l’enseigne.
Cette opération marque un tournant important pour le grand magasin historique situé dans le quartier du Marais. Entouré d’une partie de l’équipe dirigeante actuelle, Karl-Stéphane Cottendin affiche sa volonté de redonner une identité forte à l’établissement et de renouer avec les attentes de sa clientèle traditionnelle.
L’annonce a été présentée aux représentants du personnel, qui suivent avec attention l’évolution de la situation du magasin depuis plusieurs mois. La baisse de fréquentation, les difficultés rencontrées avec certains partenaires commerciaux et les tensions liées aux impayés avaient nourri de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir de l’enseigne.
Le départ de Shein, première décision forte du nouveau projet

Parmi les mesures annoncées, la plus emblématique concerne la fin du partenariat entre le BHV Marais et la marque Shein, installée dans le magasin depuis l’automne dernier.
L’arrivée du géant de l’ultra fast-fashion avait alors suscité de nombreuses réactions. À l’époque, la direction assumait pleinement ce choix stratégique destiné à créer un fort impact médiatique autour de l’enseigne parisienne.
Aujourd’hui, la nouvelle direction estime que cette orientation ne correspond plus à l’identité qu’elle souhaite donner au BHV. Karl-Stéphane Cottendin considère ainsi que l’implantation de la marque constituait une erreur stratégique et souhaite mettre un terme à cette collaboration dans les prochains mois.
Le retrait annoncé concerne uniquement le magasin parisien. Les autres points de vente du réseau qui accueillent encore des espaces dédiés à Shein ne sont pas concernés par cette décision.
Un plan de relance pour redresser l’enseigne

Au-delà de ce changement symbolique, les nouveaux dirigeants annoncent un vaste plan destiné à relancer l’activité du BHV et à restaurer la confiance des partenaires commerciaux.
L’une des priorités affichées consiste à apurer les dettes accumulées auprès des fournisseurs. Selon la direction, la reprise doit permettre de rétablir des relations commerciales plus sereines et de sécuriser l’approvisionnement du magasin.
Des investissements sont également prévus afin de remettre en service plusieurs équipements devenus défaillants au fil du temps. Certains services suspendus devraient être progressivement réactivés afin d’améliorer l’expérience des visiteurs.
La nouvelle équipe dirigeante affirme vouloir replacer le commerce au cœur du projet et mettre fin à une logique davantage centrée sur la valorisation immobilière du site.
Un retour aux fondamentaux du BHV

Le projet de transformation repose principalement sur un recentrage de l’offre autour de l’univers de la maison, qui a longtemps constitué l’ADN historique du BHV.
Les nouveaux responsables souhaitent développer davantage les rayons consacrés à la décoration, au bricolage, aux arts de la table, au linge de maison, à la literie, aux luminaires ou encore aux loisirs créatifs. Le bricolage, considéré comme l’un des symboles du magasin, devrait notamment retrouver une place plus importante.
Parallèlement, les espaces dédiés à la mode pourraient être réduits afin de laisser davantage de place à ces activités jugées plus cohérentes avec le positionnement historique de l’enseigne.
La direction envisage également de développer de nouveaux concepts autour de la parapharmacie et de l’alimentation, avec l’ambition de transformer le BHV en un véritable « magasin de la vie » davantage tourné vers les besoins quotidiens de ses clients.






