“C’est la marque qui s’éteint” : les salariés d’Alinea appelés à la grève…
Le retrait du principal candidat à la reprise d’Alinea plonge l’enseigne d’ameublement dans une nouvelle incertitude.

Les représentants du personnel parlent d’un tournant décisif et appellent à une mobilisation nationale ce samedi pour défendre l’avenir des salariés et de la marque. Placée en redressement judiciaire depuis le 20 novembre, Alinea espérait encore un scénario de sauvetage. Mais jeudi, la direction a informé les salariés que le groupe roumain SDC Holding retirait son offre de reprise, invoquant des incertitudes jugées trop importantes autour du projet et des efforts financiers nécessaires.
Ce désistement est perçu comme un coup dur par les syndicats. Margaux Palvini, représentante FO au siège d’Aubagne, évoque une véritable « onde de choc ». Selon elle, l’offre de SDC constituait le seul projet de reprise globale susceptible de préserver l’identité de l’enseigne, là où les autres propositions porteraient essentiellement sur les murs des magasins, sans garantie sur la continuité de la marque.

1.200 salariés dans l’attente
Alinea, enseigne issue de la galaxie Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin), compte encore environ 1.200 salariés répartis dans 36 magasins. D’après les estimations syndicales, seuls 240 emplois pourraient être maintenus dans le cadre des offres restantes, un chiffre bien en deçà des attentes.
Onze magasins ne disposeraient, à ce stade, d’aucune offre de reprise. Cette situation alimente les inquiétudes des équipes, qui redoutent une disparition progressive de l’enseigne fondée en 1988 à Avignon.
L’entreprise, déjà fragilisée par un précédent redressement judiciaire en 2020 pendant la crise sanitaire, affichait en 2024 des pertes de 47 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros.
Appel à la mobilisation nationale

Face à ce nouveau contexte, plusieurs sites ont annoncé des débrayages samedi. Les magasins d’Aubagne, Cabriès, Blagnac, Montpellier, Sainte-Geneviève, Grenoble et Clermont-Ferrand cesseront le travail dès 10 heures. Toulon, Herblay et Bègles suivront à différents moments de la journée.
Pour les représentants du personnel, l’enjeu dépasse la simple reprise immobilière : il s’agit de préserver une marque, un savoir-faire et des emplois. Les syndicats espèrent que la mobilisation permettra de peser dans les discussions à venir.





