« Ce que vous venez de faire est ignoble et abject » : la réponse sèche de Sébastien Lecornu à Mathilde Panot après une question sur la mort de Quentin
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un affrontement verbal d’une rare intensité ce 17 février.

Au lendemain de la mort de Quentin Deranque à Lyon, les accusations croisées entre majorité et opposition ont ravivé les tensions autour des violences politiques et de leur instrumentalisation dans le débat public.
Face aux mises en cause visant son mouvement, la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a adopté une ligne claire. “Aucun insoumis n’est impliqué ni de près ni de loin”, a-t-elle affirmé avec fermeté, dénonçant ce qu’elle considère comme une tentative de récupération politique du drame.
Depuis le décès du jeune militant nationaliste, survenu après une violente agression à Lyon, LFI est pointée du doigt par certains collectifs proches de la mouvance identitaire. Ces derniers évoquent l’implication possible de membres issus d’un groupe antifasciste lyonnais, autrefois cofondé par le député Raphaël Arnault. À ce stade, le parquet n’a confirmé aucune responsabilité.
Une séance électrique au Palais-Bourbon

Lors des questions au gouvernement, Mathilde Panot a dénoncé une “instrumentalisation” destinée, selon elle, à salir son camp politique. Elle a également estimé qu’il fallait “méconnaître l’histoire” pour attribuer à la gauche l’origine des violences politiques.
L’élue du Val-de-Marne a rappelé d’autres affaires, citant notamment le meurtre du rugbyman Federico Aramburu en 2022, pour souligner ce qu’elle perçoit comme un traitement différencié des violences selon leur origine idéologique. Elle a par ailleurs évoqué la responsabilité du gouvernement dans le maintien de l’ordre lors des événements lyonnais.
La riposte ferme du Premier ministre

Les propos de la députée insoumise ont immédiatement suscité une réaction du chef du gouvernement. Sébastien Lecornu a dénoncé des déclarations “ignobles et abjectes”, refusant toute hiérarchisation des victimes. Selon lui, aucune violence ne saurait être tolérée, quel que soit le camp politique concerné.
Dans un hémicycle sous tension, le Premier ministre a appelé à la retenue et à la responsabilité. Il a exhorté les responsables politiques à ne pas opposer les drames les uns aux autres, plaidant pour un rejet universel de la violence.
Un appel à la vérité judiciaire
Interpellé également par le président du groupe Les Républicains, Laurent Wauquiez, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de laisser l’enquête se dérouler sans pression. Il a exprimé le souhait que “la vérité judiciaire passe”, soulignant que seule la justice est habilitée à établir les responsabilités.
Pour l’heure, plusieurs individus masqués ayant participé aux affrontements à Lyon ont été identifiés par les forces de l’ordre, mais aucune interpellation n’a encore été annoncée. L’enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances exactes de l’agression mortelle.






