« Ça fait bidonville »: un maire interdit d’étendre son linge dans le centre-ville et divise
Draps, pantalons ou vêtements du quotidien font partie du décor de nombreux balcons français. Pourtant, une pratique parfaitement ordinaire vient de provoquer une vive controverse dans une commune touristique, où la municipalité a décidé de durcir les règles au nom du cadre de vie.
C’est à Villeneuve-sur-Lot, commune de quelque 22 500 habitants du Lot-et-Garonne, que la décision a été prise. Le maire LR Guillaume Lepers a signé un arrêté encadrant le linge étendu aux fenêtres, balcons et terrasses lorsqu’il est visible depuis l’espace public.
La municipalité avance plusieurs arguments pour justifier cette mesure, notamment la tranquillité et la sécurité. Mais l’image du centre-ville auprès des visiteurs et la préservation de son esthétique sont également mises en avant, certains touristes s’étant, selon des témoignages rapportés par RMC, plaints de la présence de linge sur les façades.
Faire sécher son linge à la vue de tous dans le viseur
Ce sont donc les vêtements, draps, couettes et sous-vêtements laissés à sécher de manière visible qui sont concernés. Un règlement sanitaire encadrait déjà cette pratique lorsqu’elle entraîne des problèmes d’insalubrité, de sécurité ou des nuisances pour le voisinage.
La nouvelle initiative municipale va plus loin en intégrant la question de l’apparence du centre-ville. Une orientation contestée par l’opposition, qui rappelle que certains habitants vivent dans de petits logements sans jardin, sèche-linge ou espace suffisant pour installer facilement un étendoir à l’intérieur.
« Cela fait partie du paysage »
La mesure a suscité un débat animé dans Les Grandes Gueules. Zohra Bitan estime notamment que quelques vêtements suspendus à un balcon ne constituent pas une menace pour la tranquillité publique et considère cette priorité municipale disproportionnée face à d’autres problèmes urbains.
Sam Zirah défend lui aussi la liberté des occupants d’utiliser leur balcon, rappelant qu’il s’agit d’un espace privatif même lorsqu’il reste visible depuis la rue. À l’inverse, certains habitants et chroniqueurs soutiennent la décision au nom de l’attractivité touristique et de la préservation des façades du centre historique.
Une mesure qui avait déjà été adoptée ailleurs
Les défenseurs de l’arrêté considèrent que les habitants du centre-ville sont déjà soumis à différentes contraintes destinées à protéger son apparence. Pour eux, le linge exposé sur certaines façades peut également nuire à l’image recherchée dans les secteurs touristiques.
Villeneuve-sur-Lot n’est d’ailleurs pas la première commune française à intervenir sur ce sujet. Robert Ménard avait adopté une mesure comparable à Béziers en 2014, expliquant alors vouloir améliorer l’apparence du centre-ville et renforcer son attractivité auprès des visiteurs.









