Bruno Le Maire propose d’avancer l’âge d’entrée en maternelle de «trois ans à un an»
Face au recul des performances scolaires françaises, Bruno Le Maire estime qu’il faut revoir en profondeur le fonctionnement de l’école. L’ancien ministre de l’Économie a présenté plusieurs pistes pour réduire les inégalités entre les enfants, dont une proposition particulièrement radicale concernant les plus jeunes.
Invité de CNews mardi 8 septembre, Bruno Le Maire a réagi aux derniers résultats de l’enquête internationale Pisa. L’ancien ministre considère que l’accumulation des réformes et des instructions adressées aux enseignants n’a pas permis d’enrayer la baisse du niveau scolaire.
« La multiplication des réformes, des circulaires, des instructions données aux enseignants, ça ne marche pas », a-t-il estimé. Pour lui, la réponse doit notamment passer par une intervention beaucoup plus précoce auprès des enfants, particulièrement dans l’apprentissage du langage.
« Il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an »
C’est alors que Bruno Le Maire a présenté l’une de ses propositions les plus surprenantes : permettre une entrée en maternelle dès l’âge d’un an, contre trois ans actuellement pour le début de l’instruction obligatoire.
« Il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an », a-t-il déclaré. L’objectif serait de placer très tôt les enfants dans un « cadre collectif » favorisant l’apprentissage du vocabulaire et ainsi de réduire les écarts qui apparaissent avant même le début de la scolarité traditionnelle.
Bruno Le Maire affirme que certains enfants peuvent connaître 500 mots à trois ans quand d’autres en maîtriseraient 700 ou 1 500. Une scolarisation plus précoce constituerait, selon lui, « un bon moyen pour l’égalité des chances ».
La question des places en crèche également soulevée
L’ancien ministre a également relié sa proposition aux difficultés rencontrées par de nombreux parents pour obtenir une solution de garde. Il juge anormal que des familles doivent se battre pour décrocher une place en crèche dans un pays développé.
Son idée reviendrait donc à modifier considérablement l’organisation actuelle de la petite enfance. Bruno Le Maire n’a toutefois pas présenté cette mesure comme une réforme déjà décidée : il s’agit d’une proposition destinée à alimenter le débat sur l’avenir de l’école.
D’autres changements proposés pour l’école
La maternelle dès un an n’est pas la seule piste avancée par Bruno Le Maire. Il souhaite également donner davantage d’autonomie aux chefs d’établissement et confier l’évaluation des écoles, collèges et lycées à des inspecteurs indépendants de l’Éducation nationale.
L’ancien ministre veut aussi remplacer la logique du « 100 % au baccalauréat » par un objectif de « 100 % de classe avec un emploi ou une activité », en accordant davantage de place à l’apprentissage et aux formations professionnelles. Autant de propositions avec lesquelles Bruno Le Maire entend défendre une refonte plus large du système éducatif français.









