Bras de fer chez les agriculteurs : « Ça a mal tourné », Philippe Etchebest impliqué jusqu’au cou
En ce début d’année, la colère du monde agricole a laissé place à un sentiment plus profond encore : l’épuisement.

Entre contraintes réglementaires, concurrence internationale jugée déloyale et crises sanitaires à répétition, les agriculteurs estiment n’avoir plus d’autre choix que la mobilisation. Partout en France, les actions se multiplient, traduisant une rupture nette avec le discours d’attente et de résignation.
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs dénoncent une accumulation de pressions économiques et administratives qui fragilisent leur survie. Les syndicats comme la Coordination rurale et la FNSEA alertent sur une situation devenue intenable. Hausse annoncée des taxes sur le carburant et les engrais, accords commerciaux internationaux tels que le Mercosur, mais aussi conséquences sanitaires de la dermatose nodulaire contagieuse : autant de facteurs qui plongent de nombreuses exploitations dans une précarité aiguë.
Des blocages stratégiques pour se faire entendre

Face à l’absence de réponses jugées suffisantes, les agriculteurs ont choisi l’action directe. Depuis le 8 janvier 2026, des membres de la Coordination rurale ont bloqué le dépôt pétrolier DPA d’Ambès, près de Bassens. Une quarantaine de tracteurs et de véhicules ont neutralisé ce site stratégique, coupant l’accès aux carburants. Jour et nuit, une cinquantaine d’agriculteurs ont tenu le barrage, déterminés à rendre visible leur détresse et leur rejet des politiques actuelles.
Des annonces gouvernementales jugées insuffisantes
La mobilisation s’est poursuivie malgré les déclarations de la ministre Annie Genevard, qui a évoqué un « paquet de mesures » de 300 millions d’euros comprenant notamment des indemnisations. Pour les manifestants, ces annonces ne répondent pas à la racine du problème, notamment la concurrence internationale et l’impact durable des crises sanitaires sur leurs cheptels et leurs revenus.
L’intervention musclée des forces de l’ordre
Après plus de 48 heures de blocage, les autorités ont décidé de reprendre le contrôle du site. Dans un communiqué, la préfecture a insisté sur la nécessité de garantir l’approvisionnement en carburant, l’activité économique et l’accès des services d’urgence. Le samedi 10 janvier, les CRS sont intervenus pour déloger les manifestants. Les affrontements ont été vifs, comme en témoignent les images largement relayées sur les réseaux sociaux : usage de gaz lacrymogène, tensions physiques et une interpellation pour entrave ont marqué cette opération.
Une colère relayée et amplifiée sur les réseaux

Les scènes de confrontation ont rapidement circulé en ligne, renforçant le sentiment d’injustice ressenti par le monde agricole. Pour beaucoup d’agriculteurs, cette intervention symbolise l’écart grandissant entre les décisions prises à Paris et la réalité vécue sur le terrain. La mobilisation, loin de s’essouffler, semble au contraire trouver un écho croissant dans l’opinion publique.
Philippe Etchebest au chevet des agriculteurs
Parmi les soutiens les plus remarqués figure Philippe Etchebest. Le chef ne s’est pas contenté d’un message virtuel : il s’est rendu directement sur les lieux du blocage, exprimant son incompréhension face à la situation. « On est sur quelque chose d’irrationnel », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Facebook, estimant que les intentions initiales avaient été trahies par la manière dont les événements avaient tourné.
Un soutien symbolique et engagé
Déjà présent sur un précédent barrage de la Coordination rurale sur l’A63, Philippe Etchebest a renouvelé son geste pour témoigner son attachement à ceux qui “nourrissent la population” et font vivre le terroir français. Salué par les manifestants, son soutien illustre la convergence entre le monde agricole et certaines figures de la société civile, unies par la défense d’un modèle agricole menacé.






