Ayant « grandi dans le 93 », Sarah Knafo sans langue de bois sur l’immigration : « Ce n’est pas de l’idéologie, c’est… »
En France, le débat sur l’immigration demeure l’un des plus inflammables du paysage politique. Entre exigences de fermeté et revendications humanistes, le sujet fracture durablement la société.

Invitée sur BFMTV, Sarah Knafo a brisé ce qu’elle décrit comme un tabou, livrant un discours frontal nourri d’expérience personnelle et de critiques sévères envers la classe politique. Selon Sarah Knafo, l’immigration s’est progressivement transformée en sujet intouchable, évité par crainte de la polémique. Invitée sur le plateau de BFMTV, la députée a dénoncé la volonté du Parti socialiste d’écarter cette thématique des discussions législatives. À ses yeux, cette stratégie du silence relève d’une fuite face à un défi majeur, sacrifié au nom d’un consensus politique artificiel qu’elle juge dangereux pour le pays.
Une critique directe de la classe politique
Face aux journalistes, Sarah Knafo n’a pas cherché à arrondir les angles. Elle a fustigé une classe dirigeante qu’elle estime plus soucieuse de préserver des équilibres internes que d’affronter la réalité. Pour elle, ignorer l’immigration revient à nier un enjeu existentiel, pourtant au cœur des préoccupations quotidiennes de nombreux Français. Elle affirme refuser toute posture idéologique, se présentant comme une voix pragmatique face à ce qu’elle considère comme une déconnexion du pouvoir.

Un témoignage personnel ancré dans la Seine-Saint-Denis
Opposée à Jérôme Guedj lors de cet échange, Sarah Knafo a choisi de parler de son vécu. Originaire de Seine-Saint-Denis, elle décrit une adolescence marquée par l’insécurité. Elle raconte une peur constante, celle de sortir seule, de devoir adapter sa tenue, d’anticiper l’agression, une réalité qu’elle affirme avoir connue bien avant toute politisation.
Une insécurité vécue au quotidien
La députée a détaillé des souvenirs précis : vols répétés dans les transports, angoisse permanente, sentiment de culpabilité. Elle confie s’être fait dérober son téléphone à de multiples reprises, au point d’en éprouver une honte profonde vis-à-vis de ses parents. Selon elle, cette pression psychologique a marqué toute une génération contrainte de banaliser la peur et la violence ordinaire.
Une parole qui se veut collective

Loin de présenter son récit comme un cas isolé, Sarah Knafo insiste sur sa dimension universelle. Elle affirme que des millions de jeunes ont vécu des situations similaires, balayant l’accusation d’exagération ou d’instrumentalisation politique. Pour elle, évoquer cette réalité ne relève pas de l’idéologie, mais d’un constat social largement partagé.
Le refus de la résignation
Lors de son intervention, l’élue a également dénoncé une forme d’acceptation progressive de l’inacceptable. Elle estime que la France ne peut se résoudre à considérer l’insécurité comme une fatalité, rappelant que le pays dispose des moyens et de l’histoire nécessaires pour garantir la sécurité de ses citoyens, indépendamment de leur bord politique.
Le “bon sens” face aux querelles idéologiques
Réagissant notamment aux critiques de Manon Aubry, Sarah Knafo a appelé à dépasser les clivages traditionnels. Elle plaide pour des mesures de bon sens capables de rassembler une majorité silencieuse, persuadée que le consensus existe dans la population mais se heurte à des blocages idéologiques au sommet de l’État.






